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Véritable fer de lance de l’UPA, la mise en marché collective est directement liée aux valeurs d’équité et de démocratie de l’UPA. Il aura fallu 12 années (de 1944 à 1956) pour que les agriculteurs et agricultrices du Québec obtiennent une loi permettant d’encadrer les relations commerciales entre les agriculteurs et les acheteurs tout en protégeant l’intérêt public : la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche. Un organisme, appelé Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, veille au respect de cette Loi. Son mandat est de favoriser une mise en marché efficace et ordonnée, le développement de relations harmonieuses entre les différents intervenants et la résolution des conflits en tenant compte des intérêts des consommateurs et de la protection de l’intérêt public.

L’avantage fondamental de la mise en marché collective des produits agricoles c’est de permettre une négociation basée sur un nouveau rapport de force agriculteurs/acheteurs afin d’obtenir un prix décent et une juste rémunération des producteurs. En se regroupant, les agriculteurs peuvent se donner un plan conjoint lequel permet d’établir les conditions de production et de mise en marché de leurs produits. Ils en assument collectivement et démocratiquement la gestion et son financement est assuré par les contributions versées par tous les agriculteurs concernés.
Si l’action collective procure un meilleur rapport de force et l’obtention d’un maximum de revenus, elle permet aussi aux agriculteurs de réduire leurs coûts de production et de mieux répondre aux attentes des consommateurs. Elle favorise notamment la création d’outils qui contribuent à l’amélioration de leurs pratiques culturales et de leur gestion.
Ils peuvent également opter pour la gestion de l’offre qui est un mécanisme d’ajustement, par réglementation, du volume de production aux besoins du marché. Les consommateurs ont ainsi accès à des produits à prix raisonnables et les producteurs reçoivent une rémunération tenant compte de leurs coûts de production tandis que les transformateurs obtiennent une stabilité de leurs approvisionnements.
À ce jour, plus d’une vingtaine de secteurs de production utilisent les pouvoirs de la Loi pour rendre la mise en marché de leurs produits plus efficace et plus ordonnée et près d’une dizaine d’entre eux gèrent l'offre de leurs produits (ex. : lait, œufs, sirop, lapins, etc.). Dans certains cas, la Loi permet aux producteurs d’aller plus loin et de s’engager collectivement dans la transformation (ex. : abattage et découpe).
La gestion démocratique est la base de la mise en marché collective, un « plan conjoint » doit être approuvé par un référendum auprès des agriculteurs concernés. Une fois adopté, l’ensemble des producteurs y est assujetti. L’équité est aussi une valeur fondamentale de la mise en marché collective, elle s’exprime par des mesures et des conditions de mise en marché équivalentes pour tous et également du côté des acheteurs, tels les délais de paiement, les unités de mesure, etc.
Dans un monde où se disputent des géants de l'industrie, il ne fait aucun doute que la mise en marché collective, comme la pratiquent les agriculteurs et agricultrices du Québec, constitue une des meilleures réponses au phénomène de la concentration.