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Souveraineté alimentaire

Qu’est-ce que c’est, la souveraineté alimentaire?

Par souveraineté alimentaire, on entend le droit des peuples à définir leur propre politique agricole et alimentaire; à protéger et à réglementer leur production et leurs échanges agricoles nationaux afin d’atteindre des objectifs de développement durable; à déterminer leur degré d’autonomie alimentaire et à éliminer le dumping sur leurs marchés.

 

La souveraineté alimentaire ne va pas à l’encontre du commerce dans la mesure où ce dernier est subordonné au droit des peuples à une production agricole et alimentaire locale, saine et écologique, réalisée dans des conditions équitables qui respectent le droit de tous les partenaires à des conditions de travail et de rémunération décentes.

 

Cette définition de la souveraineté alimentaire est extraite de la Déclaration de Montréal, aussi appelée « Pour un contrat social fondé sur la souveraineté alimentaire ». La Déclaration de Montréal, qui a été ratifiée en septembre 2007 à Montréal par 42 organisations de la société civile québécoise et canadienne, est en quelque sorte la déclaration de principe qui a conduit à la création, en novembre 2008, de la Coalition pour la souveraineté alimentaire.

Souveraineté alimentaire ou sécurité alimentaire?

Quand on évoque le concept de sécurité alimentaire, on fait habituellement référence à la disponibilité et à l’accès à des aliments en quantité et en qualité suffisantes. Le concept comporte donc quatre volets : 1) la disponibilité – production intérieure, capacité d’importation, de stockage et d’aide alimentaire; 2) l’accès – qui dépend du pouvoir d’achat et des infrastructures disponibles; 3) de stabilité – des infrastructures et de stabilité climatique et politique; 4) de salubrité et de qualité – l’hygiène et principalement l’accès à l’eau. (Source : Wikipédia)

Pourquoi les agriculteurs du Québec prônent-ils la souveraineté alimentaire?

Avec la mondialisation du commerce agricole et la concentration des transnationales de l’agroalimentaire, les pays cèdent une part toujours croissante de leurs pouvoirs à des forums internationaux de décision économique comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais cette vision strictement commerciale de la mondialisation n’a pas réussi à enrayer la faim sur la planète, ni à sortir les agriculteurs et les paysans, au Sud comme au Nord, de la crise des revenus agricoles.

 

Or, avec l’explosion au grand jour de la crise alimentaire mondiale au début de 2008 - crise par ailleurs endémique - des organisations agricoles, des ONG, des spécialistes du secteur agroalimentaire, des leaders politiques et économiques des quatre coins du globe sont de plus en plus nombreux à constater combien les politiques d’ouverture des marchés et de déréglementation imposées par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont détruit l’agriculture vivrière des pays du Sud. Ces politiques de libéralisation tous azimuts du commerce agricole ont aussi contribué à fragiliser les agricultures des pays du Nord, à détériorer la qualité de l’offre alimentaire et de l’environnement, à augmenter le transport des aliments et à miner, de façon générale, la capacité des citoyens et des peuples à contrôler leur alimentation.

 

Dans un tel contexte, l’Union des producteurs agricoles et ses membres estiment qu’il faut redonner aux peuples et aux États le droit de se doter de politiques agricoles et alimentaires qui leur sont propres pour d’abord nourrir leurs populations.

 

Mais la souveraineté alimentaire ne prône pas l’autarcie alimentaire pour autant. Elle ne va pas non plus à l’encontre du commerce entre les États. Elle réhabilite plutôt le pouvoir des États et des peuples de faire des choix collectifs pour que ce commerce réponde aux enjeux sociaux, sociétaux et agroalimentaires du XXIe siècle – environnement, proximité des marchés, réciprocité des normes en termes de production et de conditions de travail, etc. – et qu’il permette aux agriculteurs et aux agricultrices de tirer des revenus équitables du marché (de la vente de leurs produits).

 

Pour en savoir plus

 

Pour plus d’information sur la Coalition pour la souveraineté alimentaire : www.nourrirnotremonde.org

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