Agriculture et environnement au fil du temps

Au début des années 1990, les producteurs et les productrices agricoles prenaient le virage vert. L'objectif : soutenir et encourager l'engagement de chacun dans l'adoption de pratiques toujours plus respectueuses de l'environnement.

Et que de chemin parcouru!

Un véritable changement de mentalité et de pratiques s'est opéré, soutenu par des investissements majeurs. Les sommes injectées en agroenvironnement par les producteurs eux-mêmes se chiffrent à quelque 450 millions de dollars depuis le début des années 1990.

Les 44 000 agriculteurs et agricultrices du Québec ont fait la preuve, au fil des ans, qu'ils sont au cœur de l'action menant à une agriculture durable. Pour en savoir plus, prenez le temps de consulter chacune des capsules ci-dessous.

Vous y découvrirez des hommes et des femmes qui, à chaque jour, démontrent leur volonté de préserver la terre qui nous nourrit.




L'agriculture contribue
à l'effort de Kyoto


Les pratiques agroenvironnementales mises de l'avant par les producteurs et productrices agricoles contribuent à atténuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) :

L'utilisation judicieuse des engrais de ferme et les modalités d'épandage réduisent les émissions.
La plantation de haies et l'aménagement de boisés permettent de retenir le gaz carbonique.
Les pratiques de conservation du sol diminuent la consommation d’énergie fossile.

Le programme d’atténuation des gaz à effet de serre en milieu agricole (PAGES)

Grâce au PAGES, depuis 2003, plus de 11 000 agricultrices et agriculteurs québécois ont participé à diverses activités dans le but de se familiariser avec les interventions agricoles contribuant à l'atténuation des gaz à effet de serre (GES). Pour la même période, près de 700 sites d'essai ont permis de réaliser des projets concrets à la ferme dans différentes régions du Québec.




Sur un air

de campagne


Pour protéger l'environnement, on encourage la mise en valeur des engrais de ferme (fumiers et lisiers). Les agriculteurs les utilisent en remplacement des engrais minéraux pour fertiliser leurs sols. De nos jours, ils le font durant toute la période de végétation plutôt qu’à l’automne, car c’est au moment de la croissance des plantes que les éléments nutritifs sont mieux absorbés.

De plus, en incorporant les matières fertilisantes dans le sol au moment de l'épandage des lisiers, on réduit les odeurs de 70 %.


Dans la Ville de Sainte-Marie, un exemple de cohabitation


Depuis trois ans, en saison estivale, 22 producteurs, dont les fermes sont situées dans le secteur des vents dominants de Sainte-Marie, en Beauce, ont conclu une entente avec la ville afin de limiter les odeurs. Cet accord, qui s'étend du 21 juin au 29 août de chaque année, précise que les épandages sont effectués du lundi au jeudi, et ce, dans la mesure du possible. De plus, aucun épandage ne doit être fait durant le festival « Gigue en fête ».





Une bande

bien organisée


Préserver les cours d’eau en milieu agricole constitue l’un des défis les plus importants en matière d’agroenvironnement. Complément efficace aux bonnes pratiques culturales, la bande riveraine protège les terres agricoles contre l’érosion du sol et prévient la dégradation des cours d’eau. Pour en savoir plus :

- Le cadre légal (texte publié dans La Terre de chez nous, 29 avril 2010)

- Les fonctions de la bande riveraine (texte publié dans La Terre de chez nous, 3 juin 2010

 




Bien
dosé

Au cours des dernières années, les quantités de pesticides appliqués sur les cultures annuelles ont diminué considérablement. Les producteurs et les productrices agricoles utilisent des solutions de rechange telles que :

L’application plus localisée
Le désherbage mécanique
L’application à doses réduites
L’arrosage en bande (cette technique permet de réduire de 50 % les applications)

À l’heure de la récupération!


De 2002 à 2004, l’UPA a été partenaire des campagnes de récupération des pesticides périmés avec CropLife. Les trois collectes, réalisées en 2002, 2003 et 2004 à travers le Québec, ont permis de recueillir plus de 71 600 kg de ces produits et de les détruire d’une façon sécuritaire.





Des pratiques
reconnues


La certification environnementale

Lancé en 2002, le système de certification AGRISO est issu d'une alliance entre le milieu agricole, municipal et environnemental. Le but est de développer une certification par le biais d'un Système de gestion environnementale (SGE) et de concevoir des outils qui faciliteront l'accréditation des entreprises agricoles.

Le modèle AGRISO innove en proposant une approche à trois niveaux. En 2005, 76 fermes avaient déjà implanté un SGE. De ce nombre, 16 entreprises sont maintenant accréditées ISO 14001. Au Canada, c'est dans la province de Québec qu'on retrouve le plus grand nombre de fermes agricoles ISO 14001.




Plein de
ressources

L'information, un élément clé

De 1997 à 2005, l’UPA et ses groupes affiliés ont investi, avec l'aide du Conseil pour le développement de l'agriculture du Québec (CDAQ), plus de 12 millions de dollars pour la réalisation d'activités de sensibilisation et de formation sur la protection de l'environnement.

L’agriculture biologique à l’heure de l’agroenvironnement


En 2003, la Fédération d'agriculture biologique du Québec a produit un guide de transition à l'agriculture biologique. Un chapitre complet porte sur les bonnes pratiques agronomiques en agriculture biologique, notamment la rotation des cultures et la gestion des ennemis des cultures. Quelque 7000 exemplaires du guide ont été distribués en deux ans.

Des émissions téléthématiques


Depuis cinq ans, la Fédération de l'UPA de la Gaspésie–Les Îles a introduit dans la programmation d'un réseau de télévision régionale des émissions sur l'agroenvironnement. Ces reportages ont permis de rejoindre les agriculteurs de la région et de faire connaître leur réalité à un large public.




Tout
en douceur


Au Québec, les superficies cultivées avec la technique de travail réduit du sol augmentent. Cette façon de faire vise à prévenir l'érosion en laissant en surface une part importante des végétaux après les récoltes.

En 2003, 44 % des superficies en cultures annuelles faisaient l'objet de travail réduit du sol soit une progression de 110 000 hectares par rapport à 1998.

Qu’entend-on par travail réduit du sol?

Cette expression désigne un travail moins intensif. Cette façon de faire comporte plusieurs avantages :

Moins de consommation d'énergie

Plus de protection contre l'érosion
Une meilleure infiltration de l'eau
Plus de matière organique dans le sol

La conservation des sols en grandes cultures


La Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec a distribué, par l'entremise de ses syndicats affiliés, un exemplaire du Guide des pratiques de conservation en grandes cultures à quelque 6 000 agriculteurs. Elle a, en outre, investi 300 000 $ dans des projets de recherche et de développement en pratique de conservation des sols de 1998 à aujourd'hui.





Un régime
sur mesure

L'alimentation des animaux a un impact sur les fumiers et lisiers. Au fil des ans, grâce à la recherche, on a réussi à diminuer l'azote et le phosphore contenus dans les rejets des animaux.

Dans le secteur porcin, 90 % du cheptel est maintenant nourri avec de la moulée contenant de la phytase. Les progrès sont également notables dans le secteur avicole (poules pondeuses, poulets de chair et dindons).




L'eau,
source de vie

Depuis 2001, plusieurs fédérations régionales de l'UPA menent des opérations visant l'identification de puits en milieu agricole.

Pas moins de 6000 panonceaux indiquent désormais la présence de puits, de points d'eau potable ou de sources, ce qui permet aux producteurs et productrices agricoles de tenir compte des distances prescrites lors de l'application de fumiers et lisiers, d'engrais minéraux, de compost et de pesticides.

C'est dans la région de l'Estrie, plus précisément dans la municipalité de Newport, qu'a pris naissance le tout premier projet-pilote d'identification des puits. Une initiative qui a réellement fait boule-de-neige.

Rive-Sud et Rive-Nord de Québec

Dans les régions de Lévis-Bellechasse, de la Rive-Nord et de Lotbinière-Mégantic, les fédérations de l'UPA ont organisé des activités d'information. Sous le thème   « Mon puits, ma responsabilité », ces rencontres ont attiré plus de 500 citoyens et agriculteurs.





Un monde
de découvertes

La recherche est indispensable à la protection de l'environnement. C'est pour cette raison que l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) a été créé en 1998. L'UPA et les ministères concernés (Agriculture, Environnement Industrie) en sont les membres fondateurs.

Depuis la création de l'IRDA, l'UPA et ses groupes affiliés ont engagé près de six millions de dollars dans différents projets de recherche.

Projets de recherche menés par l’IRDA depuis sa création en 1998

Phytoprotection     
136
Ressources eau, air, sol et caractérisation des sols      
116
Productions animales, rejets et caractérisations      
45
Alimentation des animaux, conditionnement des fourrages
26
Régie de fertilisation des cultures et régie de production      
10
Autres    
47
 
380





Rythme
et précision


La réduction des quantités de pesticides utilisés par les agriculteurs du Québec est attribuable en grande partie à l'adoption de nouvelles pratiques de lutte contre les ennemis des cultures.

Suivre à la trace


Grâce aux méthodes de dépistage des maladies, insectes et mauvaises herbes, on peut en suivre l'évolution et intervenir au bon moment de la meilleure façon. Il existe au Québec 22 clubs qui se consacrent au dépistage des ennemis des cultures. Ces clubs regroupent 600 entreprises fruitières et maraîchères.

Outre la protection de l'environnement, ces pratiques favorisent la santé et la sécurité, la qualité du produit ainsi que la viabilité des entreprises.





Bien
entourée

Les matières fertilisantes : la nourriture des plantes

Le contrôle de l'accès des animaux aux cours d'eau est un des enjeux de la protection de l'eau en milieu agricole. On veut ainsi éliminer les risques d'érosion causés par le piétinement des berges, réduire les dépôts de sédiments dans l'eau et rétablir la bande végétale qui protège les rives.

Des engrais de ferme « virtuels »

En 2001, la Fédération de l'UPA du Centre-du-Québec a innové en mettant en ligne un service d'échange d'engrais de ferme. Cet outil, très utile aux fermes réceptrices ou donatrices, réduit l'utilisation d'engrais minéraux et développe la solidarité entre producteurs.



En terre fertile

Les matières fertilisantes : la nourriture des plantes

La fertilité du sol se mesure à sa capacité de rendre disponibles pour les plantes, trois éléments de base : l'azote, le phosphore et le potassium. L'art de fertiliser c’est atteindre l’équilibre entre les éléments nutritifs ajoutés au sol (fumiers et engrais minéraux) et les besoins des plantes. C'est exactement ce à quoi servent les plans agroenvironnementaux de fertilisation suivis par les producteurs et productrices agricoles.

Les producteurs de bovins s'impliquent

La Fédération des producteurs de bovins du Québec, de concert avec la région de l'Estrie, a développé des outils de sensibilisation pour limiter l'accès des ruminants aux cours d'eau. Quelque 10 000 dépliants, une vidéo en 100 exemplaires ainsi qu'un guide technique ont été produits et distribués.


 

En toute
sécurité


Les fumiers et lisiers agricoles sont utilisés préférablement en période de croissance des plantes, soit au printemps et à l'été. C'est la raison pour laquelle on doit les entreposer afin de les conserver adéquatement avant leur épandage aux champs. Il existe différents modes d'entreposage sécuritaires.

Une avenue pour les producteurs d'œufs


Pour faciliter la gestion des engrais de ferme, surtout lorsque ceux-ci doivent être transportés ou transformés pour d'autres usages comme le compostage, on a recours au traitement qui bien que marginal constitue une avenue intéressante. Les producteurs d'œufs de consommation sont déjà passablement avancés dans ce domaine en ayant développé des systèmes de traitement à la ferme et des centres collectifs.

Des progrès notables

Au cours des dernières années, les quantités d'engrais minéraux n'ont cessé de diminuer au profit de l'utilisation des engrais de ferme. Globalement, entre 1998 et 2003, les achats d'engrais minéraux (azote, phosphore et potassium) ont baissé de 20 %. De plus, les quantités appliquées à l'hectare ont diminué de 2 % pour l'azote, de 50 % pour le phosphore et de 49 % pour le potassium.





Ensemble pour l'eau,
la flore et la faune


En 2005, l’UPA et la Fondation de faune du Québec ont mis en place un programme innovateur qui offre un soutien financier et technique aux agriculteurs et aux organismes du milieu pour la mise en valeur de la biodiversité des cours d’eau en milieu agricole.

Des producteurs engagés dans la mise en valeur des cours d’eau

Ainsi, au cours des cinq prochaines années, dix projets impliquant plus de 500 producteurs agricoles seront réalisés dans différentes régions du Québec. Chaque projet, mené par une fédération régionale ou un club en agroenvironnement, vise à intervenir à l’échelle d’un bassin versant pour améliorer les pratiques agricoles, la qualité des berges des cours d’eau et, en fin de compte, aménager des habitats fauniques.

 

Les dix projets en milieu agricole

 
  Nom du Projet Organisme promoteur
Nombre de
producteurs
impliqués
  1. Rivière Niagarette
Fédération de l’UPA de la
Rive-Nord
 28
  2. Ruisseau Richer
Club Consersol Vert Cher
 24
  3. Ruisseau des Aulnages
Fédération de l’UPA de
Saint-Hyacinthe
 60
  4. Rivière Marguerite
Fédération de l’UPA du
Centre-du-Québec
 71
  5. Rivière Boyer Sud
Clubs Chaudière-Appalaches
 90
  6. Rivière Fouquette
Fédération de l’UPA de la
Côte-du-Sud
 35
  7. Rivière St-Pierre
Club-conseil Profit-eau-sol
 73
  8. Rivière des Envies
Fédération de l’UPA de la Mauricie
 54
  9. Ruisseau Morin
Groupe-conseil agricole Piékouagan
 30
10. Ruisseau Vacher
Fédération de l’UPA de Lanaudière
 57
 Total
10
522
   

 

Pour en savoir plus :

Des actions concrètes pour la faune en milieu agricole :

Les habitats des poissons
Les habitats des oiseaux
Les habitats des reptiles et amphibiens
Les habitats des mammifères
 
Bulletin d'information Le Riverain
Le Riverain août 2009
Le Riverain novembre 2008
Le Riverain mars 2008
Le Riverain février 2008
Le Riverain mai 2007
Le Riverain novembre 2006
Bilan des activités 2006-2007/2007-2008
Ensemble pour l'eau, la flore et la faune
Bilan des activités 2005-2006
Ensemble pour l'eau, la flore et la faune

 




L'arbre est
dans ses feuilles

Dans toutes les régions du Québec, les projets de plantation d'arbres sur les fermes se multiplient. En 2003, on évaluait que près de 4600 kilomètres de haies brise-vent avaient été aménagées, soit l'équivalent du trajet Montréal - Orlando, aller-retour.

Pourquoi des haies brise-vent et des écrans boisés?

L'embellissement du paysage
La réduction des odeurs et du bruit
La diminution des gaz à effet de serre
La réduction de l'érosion
L'amélioration de la biodiversité

Pour en savoir plus...

En 2005, la Fédération des producteurs de porcs du Québec publiait un guide intitulé Des haies brise-vent autour des bâtiments d'élevage et des cours d'exercice. Ce guide explique les techniques d'implantation de haies autour des sites d'élevage et des pâturages de même que les multiples avantages environnementaux qui en découlent.

Un vaste écran boisé en milieu agricole

En 2004 et 2005, à la Fédération de l'UPA de Lanaudière, plus de 22 000 arbres et arbustes ont été plantés le long de l'autoroute 25 par des jeunes de la région. Cette plantation massive visait la diminution des odeurs, la réduction de la vitesse des vents et l'amélioration du milieu de vie.




 

La famille
s'agrandit


Connaître davantage ses sols, améliorer la rentabilité de son entreprise en réduisant l'achat de pesticides et d'éléments fertilisants ainsi que partager ses expériences : voilà quelques-unes des motivations qui poussent près de 8000 agriculteurs et agricultrices à être membres d'un club-conseil en agroenvironnement du Québec. Ces clubs regroupent plus de 20 % de toutes les entreprises agricoles de la province.





Les chemins
de l'avenir

Comme en témoigne ces quelques pages, que de chemin parcouru en agroenvironnement, depuis plus de 10 ans!

Quotidiennement, les producteurs et les productrices agricoles démontrent qu'ils savent être proactifs devant les enjeux environnementaux. Leurs réalisations font également la preuve qu'une approche basée sur la sensibilisation, la formation et l'appui technique porte ses fruits.

Si les efforts et les investissements consentis à ce jour sont considérables, ils sont loin d'être terminés.

L'UPA et ses membres continueront de favoriser les approches incitatives et les alliances avec des organisations qui ont à cœur le respect de l'environnement et qui souhaitent agir directement sur le terrain.