Mondialisation

Les négociations commerciales qui se déroulent à l’échelle planétaire ont entraîné, depuis une vingtaine d’années, l’ouverture des marchés, la baisse du soutien des gouvernements et la réduction des subventions à l’exportation des pays dans le secteur agricole.


ESTIMATION DU SOUTIEN TOTAL DE L’ÉTAT PAR HABITANT EN $ US (Excluant le soutien des prix au marché)

Pays/Région
1986-1988
2004p
Variation
Canada
166
151
- 9 %
Union européenne
85
191
+ 125 %
États-Unis
201
315
+ 57 %
Japon
111
131
+ 18 %
OCDE
115
181
+ 57 %

Cependant, jusqu’à maintenant, plusieurs pays ont su contourner ces nouvelles règles commerciales issues des négociations du GATT et de l’OMC. Comme le démontre le tableau ci-contre, le soutien à l’agriculture canadienne n’est pas compétitif.

p: provisoire

Source : Compilation de la DREPA à partir du document intitulé Politiques agricoles des pays de l'OCDE, suivi et évaluation, 2005.

L’analyse du tableau ci-dessus fait ressortir les faits suivants :


le Canada a offert un soutien de 151 $US par habitant en 2004, soit près de la moitié du montant enregistré aux États-Unis (315 $US);

sur une période de plus de quinze ans, le soutien à l’agriculture par habitant a chuté de 9 % au Canada, tandis qu’il s’est accru de 125 % dans les pays de l’Union européenne, de 57 % aux États-Unis et de 18 % au Japon.


De plus, le Canada accuse un retard en matière de programmes d’aides vertes (recherche, environnement, services-conseils), programmes exempts de toute réduction dans les négociations multilatérales en agriculture.

Par conséquent, l’application des nouvelles règles pour le commerce international des produits agricoles ont entraîné des changements importants dans les politiques agricoles de certains pays. Le Canada n’échappe pas à cette règle et a dû :

modifier certains programmes en introduisant, entre autres, le concept de revenu global pour rendre plus « acceptables » les programmes de sécurité du revenu;

réduire ses subventions à l’exportation dans le secteur laitier;
remplacer les quotas d’importation par des tarifs douaniers;
mettre fin au tarif du Nid-de-Corbeau qui permettait aux agriculteurs de diminuer les coûts liés au transport des grains.

Malgré tout cela, grâce aux outils collectifs de mise en marché que se sont donnés les agricultrices et agriculteurs d’ici, les consommateurs canadiens et québécois bénéficient toujours d’un panier d’épicerie d’excellente qualité et parmi les moins coûteux au monde.

D'ailleurs, selon une enquête des Producteurs laitiers du Canada, effectuée à 19 reprises entre mai 1997 et mai 2006, à Longueuil au Québec, et à Burlington dans le Vermont, le panier de produits laitiers est de 14,4 % moins cher au Québec qu'aux États-Unis.

Bien qu’elle préconise un certain degré d’ouverture des marchés, l’UPA ne croit pas au libre-échange. Elle pense qu’un renforcement de la discipline dans le commerce mondial est nécessaire. À cet égard, les objectifs qu’elle défend sont :

l’exclusion des systèmes de mise en marché collective, dont la gestion de l’offre, dans les négociations autres que multinationales;

l’assurance d’un degré élevé de sécurité du revenu pour les producteurs et productrices agricoles;
le maintien et la protection des programmes tels que l’assurance-récolte et le crédit agricole.

Dans le cadre des négociations internationales, afin de maintenir les outils mis en place au Québec et au Canada pour répondre aux besoins des producteurs agricoles, l’UPA revendique auprès des gouvernements :
un soutien financier compétitif;

des lois et des outils permettant le maintien et le développement de la mise en marché collective et de la gestion de l’offre;

la réduction du soutien interne causant le plus de distorsion au commerce et l’élimination des subventions à l’exportation.

C’est dans ce contexte que l’UPA a mis en place, en 1993, la corporation UPA Développement international dont l’expertise est de plus en plus reconnue ailleurs dans le monde. Les six axes d’intervention d’UPA Développement international sont :

la ferme familiale comme modèle d’agriculture durable;
l’appui à la vie des organisations démocratiques;
les systèmes collectifs de commercialisation pour démocratiser l’économie de marché;
le processus de formation continue : un support essentiel à l’action et au développement;
l’affirmation de la place et du rôle des femmes;
la participation des agricultrices et des agriculteurs du Québec au développement.

  Dans le dossier de la mondialisation des marchés et du commerce international, la vigilance s’impose. Depuis quelques années, à travers différentes rencontres avec des représentants gouvernementaux, les instances et groupes de travail de l’UPA et ses partenaires :

suivent les dossiers d’actualité des affiliés et analysent les principaux événements touchant le commerce international, soit :
- les négociations (OMC, ZLÉA, ententes bilatérales, etc.);
- les litiges commerciaux (bois d’œuvre, céréales (maïs), bovins, etc.);
- l’application de la réglementation en matière de traités commerciaux       (exemptions ministérielles, ACI, OMC, barrières non tarifaires (sanitaires et phytosanitaires, Organisation mondiale de la santé animale, etc.);

développent la position de l'UPA selon l'avancement des négiciations et voient à bâtir une organisation solide pour la défendre;
appuient les actions de nos affiliés en matière de commerce international.

De plus, depuis 2003, l’UPA s’est associée aux quatre groupes représentant les producteurs sous gestion de l’offre pour former une coalition GO5 pour un modèle agricole équitable. Celle-ci soutient les gouvernements dans leurs efforts visant à protéger les systèmes de gestion de l’offre. À ce jour, elle compte près de 29 000 appuis et est composée de partenaires de l’agroalimentaire en amont et en aval, d’entreprises, d’institutions financières, de regroupements de consommateurs, de syndicats, d’élus municipaux, provinciaux et fédéraux de même que d’individus.