Éditoriaux

Semaine du 10 septembre 2009
Les avances, ça presse!
CHRISTIAN LACASSE
Président général
Les producteurs et productrices de porcs ont bien cru voir la lumière au bout du tunnel en début d’année, alors que les prix se raffermissaient conformément à la reprise anticipée. Mais c’était avant la flambée de grippe A H1N1, un scénario totalement imprévu.

Tellement imprévu que La Financière agricole n’a pu en tenir compte au moment d’établir ses budgets. Résultat, les avances de compensation versées en juillet n’ont été que de 31 % au lieu de 50 %, obligeant La Financière à se tourner vers le gouvernement pour être en mesure d’honorer ses obligations à l’égard des producteurs.

Pour ces derniers, la situation est critique! Ils ont eu droit à toute la gamme du pire ces dernières années et, ils ont beau avoir la « couenne dure », la plupart en sont rendus ni plus ni moins qu’au désespoir. Au désespoir et au bord du gouffre, les créanciers se bousculant à leur porte!

Les avances de compensation doivent leur être versées le plus rapidement possible, c’est-à-dire avant la fin du mois de septembre. Et non seulement les 19 % manquants mais davantage, car les semaines ont passé et la situation, qui justifiait 50 % en juillet, commande maintenant 60 % des avances nettes de compensation.

Qu’on n’aille pas croire que c’est le nouveau plan fédéral annoncé il y a quelques semaines qui va les sortir de ce mauvais pas en leur offrant de s’endetter à plus long terme ou de quitter la production avec des primes de sortie qui totalisent 75 M$ pour l’ensemble du pays! Désolant comme vision d’avenir...

L’UPA n’a cessé, au fil des ans, de dénoncer le PCSRA, maintenant Agri-stabilité et son inefficacité à intervenir adéquatement après trois années de déprime des prix comme le démontre éloquemment la situation actuelle dans le secteur porcin.

On n’en serait pas là si le fédéral avait écouté nos représentations. Combien de fois l’UPA a-t-elle réclamé un programme Agri-flexibilité digne de ce nom et suffisamment pourvu qui permettrait d’affecter les fonds à nos programmes de sécurité du revenu lorsque besoin est?

Les temps durs finiront... par finir cependant. D’ici là, on ne peut se permettre de laisser aller la production porcine, intimement liée à l’économie des régions et rouage important de nos exportations agroalimentaires.

Les producteurs eux-mêmes se sont pris en main avec une nouvelle convention alignée sur le prix américain et prévoyant une gestion équilibrée du cheptel en fonction des besoins des abattoirs afin d’éviter les surplus. Leur production, savent-ils, doit être bien en selle et prête à rebondir quand les beaux jours reviendront.

Des signes encourageants pointent effectivement à l’horizon : réduction du cheptel américain anticipée pour 2010, rétablissement prévu de la demande mondiale et des prix avec la reprise économique à venir, etc. Les choses vont se replacer. Mais, pour l’heure, il faut parer au plus urgent. Et le plus urgent, j’insiste encore, c’est de verser les avances de compensation qui auraient dû rentrer en juillet passé et de le faire avant la fin du mois.

Les producteurs de porcs « au bout du rouleau » que le ministre Béchard rapporte avoir rencontrés dans sa circonscription, au début d’août, s’attendent depuis longtemps à une telle annonce. Ils lui ont sûrement dit, et ils ne sont pas les seuls. Des « au-bout-du-rouleau », il y en a dans la plupart des circonscriptions rurales du Québec. Des gens dont l’entreprise ne tient qu’à un fil et qui n’en peuvent plus d’attendre!

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