Éditoriaux

Semaine du 14 janvier 2010
De la santé et de la... sécurité
DENIS BILODEAU
2e Vice-président général
En début d’année, c’est la tradition, on a coutume de se souhaiter « bien de la santé ». De tous les vœux qu’on s’échange, c’est assurément le plus important. Avec raison d’ailleurs. En tant qu’agriculteur et agricultrice, on devrait se souhaiter santé et... sécurité.

Outre une période de l’année qui s’y prête bien, deux raisons me motivent à faire ce rappel. La plus récente: un article de ce journal, la semaine dernière, qui revenait sur les causes d’un accident mortel provoqué par une enrobeuse tubulaire à balles de foin.

L’autre, la réception, il y a quelques semaines, des recommandations d’un coroner adressées à l’UPA à propos d’une mort par intoxication au monoxyde de carbone. La cause : une laveuse à pression fonctionnant à essence, employée pour nettoyer une chambre d’engraissement.

De tels événements sont franchement déplorables. Ils sont d’autant plus consternants, comme dans ces deux cas et dans bien d’autres d’ailleurs, en agriculture, qu’ils sont provoqués par un manque de prévention et de sécurité. Autrement dit : on aurait pu les éviter.

Les statistiques sont pour le moins préoccupantes dans notre secteur d’activité. Un rapport d’étude rendu public l’an dernier faisait état de 303 décès sur une période de 15 ans. Faites le calcul, ça veut dire 20 morts par année, en moyenne. Les accidents sont nombreux également : 1 100 par année.

À ce chapitre, je trouve malheureux de le dire, l’agriculture figure parmi les secteurs les plus risqués avec les métiers de la construction et de la forêt. Voilà pourquoi les questions de santé et de sécurité sont une préoccupation de premier plan à l’UPA, et ce, depuis de nombreuses années déjà.

C’est un travail considérable auquel nous nous sommes associés des partenaires de première importance : la Commission de la santé et de la sécurité du travail et le ministère de la Santé et des Services sociaux. Depuis au-delà de 20 ans, nous accomplissons un nécessaire et incessant travail de sensibilisation.

Nous tiendrons d’ailleurs cette semaine un important colloque sur le sujet, une activité annuelle qui réunit — c’est vous dire — près de 140 intervenants, qui nous sert à préparer la Semaine de la prévention (laquelle a lieu tous les ans, en mars) et à peaufiner nos stratégies d’intervention sur le terrain.

Toutes ces années à m’occuper de ce dossier à l’UPA m’ont appris une chose : la prévention nécessite un ingrédient essentiel, à savoir une réelle volonté d’agir des exploitants agricoles. Ce sont eux les premiers acteurs de la santé et de la sécurité du travail sur leur ferme.

Ça peut paraître évident comme ça, à la lecture, mais les rapports d’enquête et les statistiques nous indiquent qu’un tel engagement envers la santé et la sécurité n’est pas aussi étendu qu’on le voudrait. En cette époque de l’année qui se prête bien au bilan et à la planification, on se devrait d’intégrer la santé et la sécurité dans sa gestion et ses méthodes de travail.

De fait, s’il faut généralement s’en remettre à la providence pour ce qui est de santé personnelle, il en va tout autrement en matière de prévention : on peut soi-même agir et prévenir pour éviter le pire. C’est assurément une bonne résolution à adopter, car si la santé est le bien le plus précieux à titre personnel, celui de nos entreprises est sans contredit leur capital humain.

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