Éditoriaux

Semaine du 15 avril 2010
Pour l’avenir de nos fermes, de nos familles et de notre relève
CHRISTIAN LACASSE
Président général
C’est cette année que le MAPAQ doit dévoiler ce que nous attendons depuis des années déjà : une politique agricole pour le Québec, un outil de développement censé permettre à notre secteur d’activité de prendre tout son élan pour l’avenir.

On doit sérieusement se demander aujourd’hui comment on pourra donner au Québec une politique agricole digne de ce nom quand La Financière agricole (FADQ) s’apprête à sabrer inutilement dans un des piliers qui ont fondé le succès de notre agriculture et qui a largement contribué à édifier le modèle agricole québécois.

Soyons clairs. Cette décision de faire ainsi une coupe supplémentaire de près de 85 M$ dans l’ASRA va faire passer nos programmes de sécurité du revenu au-delà d’un point de rupture à partir duquel ils ne pourront même plus servir à ce pour quoi on les a conçus!

Ce sera la disparition de la ferme familiale telle que nous la connaissons et la déstructuration du secteur agricole québécois dans son ensemble, avec un impact considérable sur les 600 communautés rurales qui gravitent autour de lui. Les conséquences vont s’avérer catastrophiques.

Vous qui trimez dur sept jours sur sept, 365 jours par année, vous le savez mieux que quiconque, infiniment mieux que ceux qui travaillent dans les bureaux où se prennent ces décisions, bien à l’abri des aléas climatiques, des prix qui montent et qui descendent et des épidémies qui ne manquent pas de survenir.

À la suite de son annonce concernant le nouveau budget de La Financière agricole, le ministre de l’Agriculture avait d’ailleurs très bien saisi la portée des enjeux en cause. Il s’impose ici de citer sa réponse à un agriculteur qui s’inquiétait de l’impact de la mesure liée à l’efficacité, lors de notre dernier congrès général :

« Sur la façon de définir le 25 % de productivité, on va l’adapter selon les productions, selon les régions pour tenir compte des particularités. [...] J’aurais très bien pu arriver en disant [...] le 25 % va s’appliquer de façon paramétrique partout, peu importe la région, peu importe la production, peu importe la façon dont les choses se font. [...] Je vous donne, à vous et à la FADQ, trois mois pour tenir compte de ces différences-là. Y’a des secteurs qui ont déjà fait des efforts et des endroits où ça été fait. [...] Tant que les solutions se retrouvent à l’intérieur de ce montant-là [650 M$], j’ai beaucoup d’ouverture. [...] On est très sensibles [...] que dans la façon d’amener les mesures, il ne faut pas que ça passe de l’autre côté et que ça devienne une cassure qui fera en sorte qu’on détruira le secteur. »

Sauf qu’en refusant de donner suite à cette ouverture pourtant très claire du ministre, la FADQ est allée trop loin. Il est maintenant impératif de signifier haut et fort notre désaccord et d’exiger de nos députés et ministres une intervention pour forcer l’annulation de cette mesure dévastatrice et injustifiée.

Pour les producteurs, il n’est pas question de laisser s’écrouler, un à un, les piliers de l’agriculture du Québec. Ils sont la base du modèle agricole familial que tous réclament sur toutes les tribunes et souhaitent protéger. Voilà pourquoi nous avons entamé un premier geste de mobilisation générale avec la signature d’une pétition où nous demandons au gouvernement de donner à La Financière agricole la directive de faire marche arrière.

La signature de cette pétition est un geste important de votre part. Un geste qui sera posé par tous vos collègues de partout à travers la province au cours des prochains jours. Un geste simple, mais qui constituera une démonstration sans équivoque de notre solidarité et de notre désir, à tous et à toutes, d’assurer un avenir à nos fermes, à nos familles et à notre relève.

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