Le passage de Barack Obama à Montréal la semaine dernière a évidemment suscité beaucoup d’intérêt. Il n’est toutefois pas le seul orateur convoité dans sa famille. L’ex-première dame des États-Unis, Michelle Obama, a elle aussi fait jaser lors de la Worldwide Developers Conference d’Apple, le 6 juin dernier en Californie.

Pendant son discours, Mme Obama a lancé un message retentissant aux dirigeants du secteur en les exhortant à faire une plus grande place aux femmes : « Les filles fuient la technologie et la science. Cela a quelque chose à voir avec la manière dont on parle de ces sujets. Vous êtes plus intelligents que cela. Vous êtes meilleurs que cela; trouvons une solution ensemble. Nous devons le vouloir. Êtes-vous prêts? Êtes-vous prêts à laisser les femmes s’asseoir à la même table que vous? Alors, faites de la place. »

Le message de l’ex-première dame s’adressait spécifiquement au secteur des hautes technologies, mais il dépasse de très loin la bulle hi-tech de Silicon Valley. Toutes les sphères de la société sont interpellées par ce grand défi.

À preuve, une enquête réalisée en 2016 par la Fédération des agricultrices du Québec (FAQ) révélait que 65 % des Québécoises évoluant en agriculture ne se sentaient pas bien outillées pour occuper des fonctions d’élues au sein de l’Union.

La conciliation travail-famille est identifiée comme un frein majeur à l’implication. Comme le soulignait récemment la présidente de la Fédération, Raymonde Plamondon, « entre les cours de soccer, l’obligation sociale de se tenir en forme, les repas santé, les devoirs des enfants, le bénévolat à l’école, le travail et le maintien d’une vie de couple relativement saine, il reste peu de place pour le syndicalisme agricole ».

Le nouveau programme de mentorat Embarque! de la FAQ, financé par le Secrétariat à la condition féminine, le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec et l’UPA, est directement issu de ce constat. Son objectif est de permettre à une future administratrice ou à une élue actuellement en poste de recevoir le soutien d’une personne expérimentée. Une administratrice (ou un administrateur) bénéficiant d’une certaine ancienneté s’engage auprès de la mentorée et partage son expérience et ses connaissances. Les deux personnes sont jumelées de façon libre et volontaire.

Dans ce programme de jumelage, tout le monde trouve son compte. Par son impact significatif dans le développement des compétences d’un pair, le mentor contribue fièrement à l’avancement des femmes en agriculture tout en développant de nouvelles relations dans le milieu agricole. La mentorée peut quant à elle apprendre d’une personne engagée au sein de l’Union, exprimer en toute confidentialité ses craintes et ses doutes et élargir ses réseaux de contacts. Elle peut aussi augmenter sa confiance en elle et bénéficier de meilleurs outils pour relever de nouveaux défis et accepter de nouveaux mandats.

J’encourage très fortement les personnes intéressées à visiter le site www.agricultrices.com et à remplir le court questionnaire qui s’y trouve. Les femmes représentent seulement 14 % des élues de l’organisation. Il est impératif de favoriser leur implication dans nos structures. Je compte sur vous.