Les saisons sont importantes en agriculture, surtout à notre latitude et dans notre climat nordique. Les heures d’ensoleillement varient beaucoup d’une saison à l’autre. L’automne est souvent celle qui est la plus critique. Le printemps et l’été froid et pluvieux que nous avons connus dans la plupart des régions du Québec, si l’on exclut le Bas-Saint-Laurent, ont fait craindre le pire à bien des producteurs. Finalement, les dernières semaines de chaleur permettront de sauver la mise.

L’automne 2017 sera toutefois particulier pour d’autres raisons, notamment la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Les États-Unis forment un pays de grande envergure et constituent notre marché le plus important. Cette première puissance économique mondiale a pris un virage résolument protectionniste depuis l’élection de Donald Trump. Ce dernier répète sur toutes les tribunes son slogan : « Les États-Unis d’abord ».

Jusqu’à maintenant, les propositions de nos voisins du Sud dans cette négociation ne visent qu’à limiter l’accès à leurs marchés. Que ce soit par le renforcement des règles d’origine des produits fabriqués aux États-Unis ou destinés à ces marchés, par l’accès aux contrats gouvernementaux ou par le règlement des différends, toutes les interventions américaines ont pour objectif de réduire l’impact de la concurrence étrangère sur leurs activités commerciales.

Pour ce qui est du volet agricole, nous devrions en savoir plus cette semaine lorsqu’ils déposeront leurs demandes alors que s’entamera la quatrième ronde de négociations.

Si ces demandes suivent la tendance actuelle, elles seront très certainement exagérées et inacceptables. Les négociateurs américains vont nécessairement cibler les produits sous gestion de l’offre.

Dans le bois d’œuvre, il n’y a aucune négociation en cours. On s’attend à ce que les tarifs appliqués pendant les 90 premiers jours soient reconduits ou même augmentés. Le dernier coup, celui asséné à Bombardier sous la forme de tarifs exorbitants sur les avions C Series, s’inscrit également dans ce type d’attaque. De plus, le secteur de l’aluminium est dans la ligne de mire des États-Unis.

La quatrième ronde de négociations se déroulera du 11 au 15 octobre. L’objectif global est de terminer celle-ci avant les Fêtes. Un délai aussi court est en soi une hérésie quand on considère l’importance des enjeux. L’attitude des États-Unis est méprisante à l’égard de ses deux voisins. Espérons que cela changera d’ici décembre. Il est très possible que le Canada et le Mexique ne soient pas en mesure de reconduire l’ALENA. C’est probablement ce que souhaite M. Trump.

Parallèlement à cette négociation cruciale, le gouvernement du Québec met la dernière main à son Sommet sur l’alimentation, qui conduira à l’adoption de la future Politique bioalimentaire québécoise de 2018. Cet événement se tiendra le 17 novembre prochain et sera présidé par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Depuis l’élection de son gouvernement en 2014, l’agriculture n’a pas été une priorité. Les coupes au budget du ministère québécois de l’Agriculture et de La Financière agricole du Québec ont surpassé celles de tous les ministères. Le Sommet et la Politique qui en découlera sont la dernière chance de ce gouvernement de rectifier le tir et de démontrer qu’il a à cœur le développement de l’agroalimentaire québécois, un secteur névralgique pour l’économie de la Belle Province et de ses régions.

Comme je le disais au début, l’automne 2017 sera déterminant. Espérons qu’en ce qui concerne nos autres dossiers comme pour la météo, les astres s’aligneront pour le mieux.