Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) ont tenu leur assemblée générale annuelle la semaine dernière. Pour une rare fois, ils ont eu l’honneur de recevoir lors d’une même assemblée les deux ministres de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau au fédéral et André Lamontagne au provincial.

Ces visites démontrent l’importance de ce secteur névralgique pour l’agriculture du Québec et du Canada. Présents dans toutes les régions, les producteurs de grains québécois cultivent plus d’un million d’hectares de céréales et d’oléagineux, pour une valeur annuelle de 1,3 G$.

La production et la transformation de grains génèrent plus de 20 000 emplois au Québec.

Environ 75 % des récoltes sont destinées aux animaux d’élevage (principalement le maïs), mais les grains et oléagineux québécois se taillent une place de plus en plus grande dans l’alimentation humaine (farine, alcool servant à la fabrication de spiritueux, orge maltée pour la fabrication de bière, blé panifiable pour la production du pain, grains biologiques, etc.). Cette diversification démontre que les agriculteurs sont attentifs aux signaux des marchés. La production canadienne et québécoise de légumineuses, qui sont souvent utilisées pour la rotation des cultures, a d’ailleurs doublé depuis 2011, en réponse à la demande croissante des consommateurs pour cette source de protéines.

À l’instar du secteur porcin, celui des grains subit les effets de la guerre commerciale menée par les États-Unis à l’endroit de ses principaux partenaires commerciaux. Les PGQ évaluent l’impact négatif de ce conflit sur le prix du soya à environ 50 $ la tonne. Une baisse de 10 à 15 % des prix du soya et du maïs-grain est anticipée cette année, si la situation perdure. Ajoutons à cela la révocation récente du permis d’exportation de deux importants fournisseurs canadiens de canola par les autorités douanières chinoises. À la veille des semis, la situation est inquiétante pour les agriculteurs.

Les producteurs de grains américains ont obtenu une aide spéciale de 12 G$ pour traverser cette crise. Ceux du Québec n’ont pas reçu d’aide spécifique. Par ailleurs, le soutien de base pour le maïs et le soya entre 2016 et 2018 était de 80 $/ha aux États-Unis, soit près de deux fois plus qu’au Québec (47 $/ha). Les producteurs de grains québécois subiraient donc un écart compétitif de près de 100 000 $ par ferme face à leurs concurrents américains, selon les PGQ.

Alors que le secteur est soumis à des pressions financières importantes, s’ajoutent celles associées à l’agroenvironnement. Des investissements, de la formation, de l’accompagnement professionnel et davantage de recherche seront nécessaires. Depuis deux ans, seulement 5 % des 195 M$ pour appuyer les investissements dans le secteur agricole et agroalimentaire est allé au secteur végétal. Le budget 2019-2020 du gouvernement québécois a prévu 250 M$ supplémentaires sur cinq ans. Nous devrons faire en sorte qu’une plus grande place soit faite aux productions végétales.

Parmi les autres mesures destinées à accompagner le secteur, mentionnons le plan vert agricole proposé par l’Union, qui prévoit une rétribution aux agriculteurs pour les biens et services environnementaux (BSE) rendus à la population ainsi qu’un financement gouvernemental accru pour la recherche. Ces deux éléments sont réclamés depuis longtemps par les producteurs de grains.

Autre enjeu et non le moindre : la fiscalité foncière agricole. L’augmentation fulgurante du prix des terres a entraîné une hausse importante du coût des taxes foncières pour les producteurs et le gouvernement (Programme de crédit de taxes foncières agricoles). La situation est insoutenable et des mesures doivent être adoptées. Peu de municipalités utilisent un taux distinct pour le secteur. La patience des producteurs s’épuise, d’autant plus que le premier ministre François Legault a pris lui-même l’engagement de régler cette situation lors de la dernière campagne électorale. Un gel immédiat des taxes foncières agricoles s’impose dans l’attente d’une solution durable.

Voilà un bref survol de la situation du secteur des grains au Québec : une production en plein essor confrontée à son lot de défis, mais qui offre un beau potentiel de développement dans toutes les régions du Québec.

Éditorial La Terre de chez nous
Semaine du 3 au 9 avril 2019
Marcel Groleau, président général

Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) ont tenu leur assemblée générale annuelle la semaine dernière. Pour une rare fois, ils ont eu l’honneur de recevoir lors d’une même assemblée les deux ministres de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau au fédéral et André Lamontagne au provincial.

Ces visites démontrent l’importance de ce secteur névralgique pour l’agriculture du Québec et du Canada. Présents dans toutes les régions, les producteurs de grains québécois cultivent plus d’un million d’hectares de céréales et d’oléagineux, pour une valeur annuelle de 1,3 G$.

La production et la transformation de grains génèrent plus de 20 000 emplois au Québec.

Environ 75 % des récoltes sont destinées aux animaux d’élevage (principalement le maïs), mais les grains et oléagineux québécois se taillent une place de plus en plus grande dans l’alimentation humaine (farine, alcool servant à la fabrication de spiritueux, orge maltée pour la fabrication de bière, blé panifiable pour la production du pain, grains biologiques, etc.). Cette diversification démontre que les agriculteurs sont attentifs aux signaux des marchés. La production canadienne et québécoise de légumineuses, qui sont souvent utilisées pour la rotation des cultures, a d’ailleurs doublé depuis 2011, en réponse à la demande croissante des consommateurs pour cette source de protéines.

À l’instar du secteur porcin, celui des grains subit les effets de la guerre commerciale menée par les États-Unis à l’endroit de ses principaux partenaires commerciaux. Les PGQ évaluent l’impact négatif de ce conflit sur le prix du soya à environ 50 $ la tonne. Une baisse de 10 à 15 % des prix du soya et du maïs-grain est anticipée cette année, si la situation perdure. Ajoutons à cela la révocation récente du permis d’exportation de deux importants fournisseurs canadiens de canola par les autorités douanières chinoises. À la veille des semis, la situation est inquiétante pour les agriculteurs.

Les producteurs de grains américains ont obtenu une aide spéciale de 12 G$ pour traverser cette crise. Ceux du Québec n’ont pas reçu d’aide spécifique. Par ailleurs, le soutien de base pour le maïs et le soya entre 2016 et 2018 était de 80 $/ha aux États-Unis, soit près de deux fois plus qu’au Québec (47 $/ha). Les producteurs de grains québécois subiraient donc un écart compétitif de près de 100 000 $ par ferme face à leurs concurrents américains, selon les PGQ.

Alors que le secteur est soumis à des pressions financières importantes, s’ajoutent celles associées à l’agroenvironnement. Des investissements, de la formation, de l’accompagnement professionnel et davantage de recherche seront nécessaires. Depuis deux ans, seulement 5 % des 195 M$ pour appuyer les investissements dans le secteur agricole et agroalimentaire est allé au secteur végétal. Le budget 2019-2020 du gouvernement québécois a prévu 250 M$ supplémentaires sur cinq ans. Nous devrons faire en sorte qu’une plus grande place soit faite aux productions végétales.

Parmi les autres mesures destinées à accompagner le secteur, mentionnons le plan vert agricole proposé par l’Union, qui prévoit une rétribution aux agriculteurs pour les biens et services environnementaux (BSE) rendus à la population ainsi qu’un financement gouvernemental accru pour la recherche. Ces deux éléments sont réclamés depuis longtemps par les producteurs de grains.

Autre enjeu et non le moindre : la fiscalité foncière agricole. L’augmentation fulgurante du prix des terres a entraîné une hausse importante du coût des taxes foncières pour les producteurs et le gouvernement (Programme de crédit de taxes foncières agricoles). La situation est insoutenable et des mesures doivent être adoptées. Peu de municipalités utilisent un taux distinct pour le secteur. La patience des producteurs s’épuise, d’autant plus que le premier ministre François Legault a pris lui-même l’engagement de régler cette situation lors de la dernière campagne électorale. Un gel immédiat des taxes foncières agricoles s’impose dans l’attente d’une solution durable.

Voilà un bref survol de la situation du secteur des grains au Québec : une production en plein essor confrontée à son lot de défis, mais qui offre un beau potentiel de développement dans toutes les régions du Québec.

Éditorial La Terre de chez nous
Semaine du 3 au 9 avril 2019
Marcel Groleau, président général