Nous tenions cette semaine la 27e assemblée générale annuelle (AGA) d’UPA Développement international (UPA DI). C’est en 1992 que l’Union a décidé de s’investir dans ce domaine. Timide au départ, notre contribution et nos façons de faire quant au partage de nos connaissances et de l’accompagnement des organisations paysannes sont maintenant reconnues par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les bailleurs de fonds internationaux.

Ce qui nous distingue des autres intervenants, c’est la nature de nos actions, qui ciblent d’abord les femmes et les hommes et non pas la production. En agriculture, la mise en marché collective est avant tout l’expression de la volonté des producteurs et de productrices de travailler ensemble. Pour ce faire, les organisations paysannes doivent être bien structurées pour obtenir la confiance de leurs membres et pouvoir agir dans le temps.

Les nombreux partenaires avec qui UPA DI a œuvré, au fil des ans, ont profité de notre approche et acquis de la maturité et de la confiance. Plusieurs de ces organisations sont aujourd’hui des leaders reconnus dans leur pays, que ce soit au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso ou au Bénin. Depuis nos débuts, nous sommes intervenus dans plus de 60 pays.

Le nouveau plan de développement s’inscrit dans cette continuité. Nous misons sur l’action collective comme outil principal de développement. Nous partageons nos expériences, et non seulement notre expertise. Les experts dans ces pays, ce n’est pas nous, ce sont ceux qui y vivent. Ce respect crée des liens solides et permet d’aller au-delà des poignées de main habituelles. L’appui aux organisations démocratiques, le soutien à la ferme familiale et l’agriculture durable sont les trois éléments par lesquels l’organisation accomplit sa mission.

Le nouveau plan s’appuie sur la reconnaissance du milieu et des intervenants avec lesquels nous bâtissons des liens durables. Ces intervenants connaissent maintenant très bien UPA DI, savent que l’organisation ne s’ingère jamais dans leurs façons de faire et apprécient grandement la relation d’égal à égal que nous privilégions.

Comme je le mentionnais, grâce à UPA DI, l’Union a ses entrées dans plusieurs pays et institutions internationales. Nous sommes la première organisation agricole dans le monde à avoir signé avec la FAO une entente de collaboration. Celle-ci a été renouvelée récemment.

Nous sommes aussi l’une des organisations qui ont créé AgriCord, un organisme international qui regroupe des agriagences, soit des organisations de coopération internationale œuvrant en agriculture, qui appartiennent à des producteurs et productrices agricoles et qui sont dirigées par eux. AgriCord regroupe maintenant 13 organisations agricoles d’Europe, d’Asie et des Amériques Nord et Sud, qui ont un volet développement international. Ce regroupement permet des échanges d’expériences et d’expertises qui nous rendent plus efficaces.

L’aventure d’UPA DI ne serait pas ce qu’elle est sans André D. Beaudoin, qui en assume la direction depuis 28 ans. André a annoncé lors de l’AGA qu’il quittera ses fonctions le 10 décembre prochain. Les mots me manquent pour lui exprimer toute mon appréciation. Il est de ces gens qui font une différence dans le monde et auprès des personnes qu’il côtoie. Je tiens donc à le remercier chaleureusement. Ses grandes qualités humaines, ses convictions profondes et ses réalisations exceptionnelles ont représenté une richesse inestimable pour notre organisation. Merci, André.

L’actuel directeur du développement des affaires de l’organisation, Hugo Beauregard-Langelier, qui est avec nous depuis quelques années déjà, prendra le relais. Nous sommes très heureux de compter sur cette relève au sein de l’organisation. Hugo connaît bien l’UPA et c’est d’abord parce qu’il partage nos valeurs qu’il a accepté de relever ce défi. UPA DI sera entre bonnes mains, car en plus d’Hugo, elle peut compter sur une formidable équipe.

En terminant, merci à tous les producteurs et productrices agricoles du Québec qui ont rendu possibles la création et le développement d’UPA DI. Vous avez fait, par votre petite contribution, une grande différence pour des centaines de milliers de confrères et consœurs agriculteurs dans le monde. Notre action collective dépasse nos frontières et nous allons continuer cet engagement.

Éditorial La Terre de chez nous
Édition du 11 septembre 2019
Marcel Groleau, président général