Le 38e Congrès annuel de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) se déroule cette semaine à Rouyn-Noranda.

Porte-parole de la relève agricole au Québec (16 à 39 ans), la FRAQ compte plus de 2 100 membres et 13 syndicats affiliés. Sa mission est de rassembler les jeunes passionnés d’agriculture et de défendre leurs intérêts, d’améliorer les conditions d’établissement en agriculture, d’attirer la nouvelle génération dans le secteur, en plus de travailler à une meilleure information et préparation de ces jeunes.

Depuis quelques années, le Congrès annuel de la FRAQ se déplace d’une région à l’autre au Québec. Il faut une certaine dose de témérité pour faire cela, ce que les jeunes de la FRAQ ont amplement. L’événement va à la rencontre des membres et c’est aux invités de se déplacer. Cette année, le Congrès se tient en Abitibi-Témiscamingue. Les jeunes de la région mettront tout en œuvre pour bien recevoir leurs consœurs et confrères du reste du Québec, faire découvrir leur réalité et s’assurer que ce moment devienne mémorable pour tous. Par la même occasion, les participants prendront la pleine mesure de ce que signifie le fait d’être producteur agricole dans cette région. Pour plusieurs d’entre eux, ce sera sans doute leur première visite dans ce coin de pays.

Comme les autres régions périphériques, l’Abitibi-Témiscamingue évolue dans un contexte géographique, climatique et commercial très différent de celui des régions dites centrales, comme l’expliquait récemment le président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, dans une correspondance à propos d’Agri-Québec.

Les opportunités existent, mais les contraintes sont importantes. L’éloignement des marchés, les conditions climatiques moins favorables, les coûts de transport plus importants pour livrer les produits ou importer les intrants, l’accès plus coûteux aux services spécialisés ou simplement inexistants ne sont que quelques exemples d’obstacles auxquels les entreprises sont confrontées. L’accès aux services vétérinaires, un service pourtant essentiel, est actuellement un enjeu en Abitibi-Témiscamingue. Il s’agit d’un stress important pour les producteurs de cette région, alors que pareille situation est inimaginable pour ceux des régions centrales, qui ont encore le privilège de choisir leur clinique. De plus, l’agriculture dans ce coin de pays est jeune, les entreprises ont accumulé moins d’équité et la valeur des terres est plus basse. Elles ne peuvent donc pas servir de levier pour financer des investissements, comme c’est le cas ailleurs.

Plusieurs régions éloignées partagent, en tout ou en partie, ces particularités géographiques, climatiques et commerciales. C’est pourquoi nous demandons depuis plusieurs années une modulation des programmes de sécurité du revenu afin d’équilibrer la situation en compensant les effets des contraintes décrites précédemment. C’est ce que recommandait le Groupe de travail sur la sécurité du revenu en agriculture au Québec dans son rapport en février 2015. Les jeunes de la FRAQ en parleront sûrement.

Des programmes adaptés aux caractéristiques distinctives des régions éloignées feraient une grande différence dans le développement économique de ces communautés et favoriseraient l’établissement des jeunes en agriculture dans les régions ainsi que l’habitation du territoire.

La valorisation de l’agriculture québécoise auprès des consommateurs est une autre thématique qui sera abordée durant le congrès de la FRAQ. À l’heure où plusieurs groupes militants font bruyamment la promotion de leur idéologie, il est clair qu’une meilleure connaissance de notre agriculture permettrait à nos concitoyens d’exercer des choix éclairés.

Depuis sa fondation en 1982, la FRAQ multiplie les efforts et les initiatives pour développer l’attrait des jeunes de la relève pour l’agriculture et représenter leurs intérêts dans toutes les sphères de la société. Comme bien d’autres, je suis impressionné par sa capacité à nous surprendre et nous maintenir attentifs. Ne lâchez pas!

Éditorial La Terre de chez nous
Édition du 4 mars 2020
Marcel Groleau, président général