Lors du dernier Conseil général, nous avons fait le point sur la campagne J’y vais sur-le-champ ! Cette initiative, rendue possible grâce à un investissement de 45 M$ annoncé en avril par le gouvernement du Québec, visait à pallier l’absence des travailleurs étrangers temporaires (TET) incapables de venir au Canada en raison de la pandémie.

En appui aux secteurs jugés essentiels tels que la santé, l’agriculture et la distribution alimentaire, le gouvernement Legault a bonifié le salaire minimum pour encourager les travailleurs à ne pas quitter leur emploi dans ces domaines névralgiques. Il fallait aussi rendre ces emplois plus attrayants face aux programmes de soutien au revenu, comme la Prestation canadienne d’urgence. J’y vais sur-le-champ ! prévoyait finalement une aide financière à la formation des nouveaux employés ainsi qu’un soutien aux centres d’emploi agricole (CEA).

L’agriculture, tout comme beaucoup d’autres secteurs en région, vit depuis plusieurs années une pénurie de main-d’œuvre. À ce manque chronique s’ajoutait, cette année, l’incertitude quant à l’arrivée des TET en raison de la pandémie. L’absence de travailleurs mettait en péril les activités de plusieurs entreprises agricoles pour la saison à venir, entraînant des conséquences importantes sur l’approvisionnement alimentaire des Québécois. L’Union des producteurs agricoles (UPA) a donc travaillé en étroite collaboration avec tous les intervenants concernés pour à la fois faciliter la venue des travailleurs étrangers et favoriser le recrutement de travailleurs locaux.

Six mois plus tard, on peut qualifier les efforts de tous et la campagne J’y vais sur-le-champ ! de succès. En date du 7 octobre, elle a permis d’assigner près de 1 900 travailleurs québécois (certains à plusieurs reprises) dans l’une ou l’autre des 922 entreprises inscrites au programme afin d’embaucher de la main-d’œuvre locale. Des témoignages de producteurs et productrices nous ont confirmé que cette campagne a fait une énorme différence pour eux.

Plus de 1 200 travailleurs expérimentés et quelque 7 100 TET ont aussi bénéficié du programme, ce dernier étant offert à l’ensemble des travailleurs de ferme au salaire minimum, comme le requièrent les lois du travail au Québec. C’est donc plus de 2 000 employeurs qui ont réclamé l’incitatif pour leurs travailleurs jusqu’à maintenant (11 M$).

Ajoutons que la saison agricole est loin d’être terminée. À l’heure actuelle, le Canada n’a reçu que 78 % des TET qui se rendent au pays durant l’année entière (Québec : 84 %). Les arrivées en octobre seront donc déterminantes, d’autant plus que la pénurie de main-d’œuvre, dans le secteur agricole, ne risque pas de s’atténuer. C’est pourquoi l’UPA et AGRIcarrières ont lancé un nouvel appel aux chercheurs d’emploi, il y a quelques semaines.

Le bilan final est à venir, mais on peut déjà tirer certaines conclusions de ce programme. L’intérêt des Québécois pour le secteur agricole et les problèmes que nous traversions ont été sans précédent. Les échanges avec nos concitoyens, directement ou via les médias, nous ont rapprochés les uns des autres. On s’intéresse maintenant à notre autonomie et notre sécurité alimentaires. Il faut conserver et cultiver ce lien avec les Québécois.

La campagne J’y vais sur-le-champ ! a vraiment aidé les producteurs à faire face à la situation très difficile de la présente saison agricole. Il faudra voir, dans les années à venir, si une nouvelle mouture de ce programme pourrait être maintenue. La pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole est chronique et la difficulté d’intéresser les travailleurs locaux est réelle.