De plus en plus de producteurs observent des hausses majeures du coût de leur police d’assurance, alors qu’un certain nombre sont incapables de s’assurer.

En décembre 2019, un dossier de La Terre a révélé que les primes d’assurance des entreprises agricoles avaient bondi dans la dernière année et que plusieurs producteurs éprouvaient des difficultés à faire assurer leurs installations. Un sondage maison de la Confédération a confirmé cette situation et a démontré que 20 % des répondants avaient subi des hausses jugées excessives de leur prime d’assurance à la ferme dans la dernière année, et que 6 % n’étaient tout simplement plus assurés. C’est très inquiétant.

Radio-Canada a rapporté tout récemment le cas d’Alexandra Fiset et de Félix Dumas, un couple de jeunes producteurs qui espèrent récolter leurs premiers légumes l’été prochain. Ils sont incapables de trouver un assureur qui accepterait de couvrir leur projet de serres. Ces deux maraîchers de la relève craignent donc de voir leur rêve leur filer entre les doigts puisqu’aucune institution financière ne prête à une entreprise qui ne peut s’assurer.

Les assureurs soulèvent l’enjeu de la rentabilité dans le secteur agricole, ayant maintenu les primes trop basses pendant longtemps, alors qu’un nombre croissant de réclamations importantes (incendies, effondrements de toit) ont dû être payées aux bénéficiaires. Nous avons rencontré les principaux assureurs qui offrent leurs services au secteur. L’enjeu de la rentabilité est réel pour eux. L’équation est simple : les valeurs assurées sont beaucoup plus importantes et les réclamations sont proportionnelles à la valeur des fermes dans un marché relativement petit. Selon eux, c’est ce qui explique la hausse significative et généralisée des primes et les exigences élevées de conformité sur les bâtiments pour maintenir les couvertures d’assurance.

Ces exigences des assureurs, parfois démesurées, leur permettent de se départir de certains clients qui représentent des risques trop importants, du moins c’est l’impression de producteurs qui nous ont fait part de leur expérience.

Avec l’aide de spécialistes, nous avons fait des recherches pour trouver des solutions de rechange qui pourraient être offertes aux agriculteurs du Québec. Le peu de concurrence dans le marché de l’assurance agricole dans la province ne permet sans doute pas aux producteurs d’obtenir les conditions les plus avantageuses. Serait-il possible d’intéresser de nouveaux assureurs au marché agricole et forestier québécois? Nous explorons cette avenue. Serait-il possible de diminuer le risque pour les assureurs ainsi que les frais de courtage qui sont non négligeables? L’analyse en cours étudie toutes ces questions.

D’autres secteurs ont également développé des solutions de remplacement, comme la création de programmes d’assurance ou de fonds d’assurance (ordres professionnels), de mutuelles (municipalités) ou encore la mise sur pied d’une captive (stations de ski). Ces diverses avenues permettent de réaliser des économies et d’atteindre une meilleure stabilité des primes. Les solutions existent.

Le métier d’agriculteur est passionnant, mais il n’est pas de tout repos, car travailler avec la nature est exigeant. Il faut continuellement s’adapter à des situations qui évoluent pour le meilleur ou pour le pire en raison de facteurs que nous ne contrôlons pas. La nouvelle problématique des assurances vient s’ajouter à ces nombreux défis. Il faut s’y attarder, analyser tous les tenants et aboutissants et trouver une ou des solutions.