L’Union a participé, le 20 janvier dernier, aux consultations prébudgétaires 2021-2022 du ministre québécois des Finances, Eric Girard. Ces consultations sont l’occasion d’expliquer nos demandes, de les documenter et de donner des munitions au ministre de l’Agriculture qui, de son côté, devra défendre son budget et ses demandes auprès du gouvernement.

Le secteur agroalimentaire et forestier offre de réelles opportunités. La croissance de la population, ici et ailleurs dans le monde, stimule la demande alimentaire non seulement en quantité, mais en produits de qualité, et le Québec doit y participer. Nous avons des produits phares qui se démarquent sur les marchés internationaux. Le porc, le sirop d’érable, la canneberge et le bleuet sauvage sont quelques exemples de produits dont les perspectives de marchés offrent de belles opportunités.

Si on veut accroître notre autonomie et notre sécurité alimentaires, un appui non équivoque au développement du secteur agroalimentaire est essentiel. Nous pouvons produire davantage au Québec si les conditions favorables sont réunies. Produire plus de bœufs, d’agneaux, de légumes, de fruits, de légumineuses et de poissons, si l’accompagnement de ces filières est adapté aux risques inhérents et spécifiques de ces marchés. En affaires, tout est une question de gestion des risques et d’investissements. En agriculture, les investissements nécessaires sont importants et les risques sont nombreux.

En Occident, la gestion des risques en agriculture est partagée entre l’État et les producteurs. En ce sens, l’efficacité de nos programmes doit être comparable à celle de nos principaux compétiteurs, soit les États-Unis et l’Europe, si nous voulons maintenir notre positionnement au Québec et sur les marchés nationaux et internationaux.

Les attentes sociétales au Québec sont aussi très élevées. Nous avons l’une des réglementations les plus exigeantes dans le monde en matière environnementale. À ma connaissance, le Québec est la seule juridiction où l’on maintient, depuis 2004, un moratoire limitant les superficies en culture. C’est une aberration après 16 ans. La réglementation au Québec entraîne des coûts supplémentaires très difficiles à transférer aux marchés.

Il en est de même avec l’augmentation accélérée du salaire minimum. La croissance du secteur des fraises et des framboises plafonne en raison des coûts de main-d’œuvre qui rendent périlleux les investissements dans ce secteur. La demande pour des fraises et framboises produites au Québec est pourtant excellente.

L’accès à la main-d’œuvre est de plus en plus difficile. Le programme J’y vais sur-le-champ, lancé l’an dernier, a été très apprécié. Il a rapproché les citoyens des producteurs et de la réalité des travaux à la ferme. La reconduction d’un deuxième volet de ce programme serait stratégique, à la fois pour répondre à nos besoins de main-d’œuvre et pour poursuivre le rapprochement producteurs-citoyens. La main-d’œuvre locale ne sera jamais suffisante. Il faut donc tout faire, en parallèle, pour faciliter la venue des travailleurs étrangers temporaires et saisonniers. Il est de loin préférable « d’importer » un peu de main-d’œuvre que d’importer nos aliments.

Au regard de la foresterie, nous avons demandé au ministre d’accroître les budgets consacrés à la mise en valeur des forêts privées et de simplifier la mesure de remboursement de taxes foncières des producteurs forestiers.

Le gouvernement fait face à plusieurs enjeux qui affectent la société québécoise. Un secteur agricole prospère permet de répondre à plusieurs d’entre eux, notamment le développement des régions, la création d’emplois, une solution aux enjeux climatiques ainsi qu’une plus grande sécurité alimentaire. Il s’agit, M. le ministre des Finances, d’un choix stratégique plus que jamais.