Comme l’ont signalé dans les médias sociaux et traditionnels plusieurs fédérations régionales de l’Union ces dernières semaines, de plus en plus de motoneigistes s’aventurent à l’extérieur des sentiers et circulent sur les terres agricoles, causant ainsi des dommages aux cultures. Ce qui sommeille sous la neige en hiver est souvent le fruit de beaucoup de travail et d’investissement, sur de longues années, par les producteurs agricoles. Ces comportements mettent à rude épreuve leur tolérance, ainsi que celle des citoyens en général. À terme, ils risquent de nuire aux ententes entre les producteurs et les clubs de motoneigistes, qui assurent un droit de passage balisé sur les terres.

Le passage de motoneiges sur les terres agricoles endommage les cultures et nuit au rendement des récoltes à venir, qu’il s’agisse de graminées, de luzerne, de petits fruits, de céréales semées à l’automne, d’arbustes fruitiers ou de jeunes plantations. Dans certains cas, on retrouve des déchets abandonnés et même des clôtures sectionnées. Les ventes de motoneiges dites « hors-piste » sont de plus en plus nombreuses, et cela n’est sans doute pas étranger aux problèmes que nous rapportent de plus en plus de producteurs.

Les producteurs acceptent volontiers de céder un droit de passage sur leurs terres pour les sentiers balisés. Ceux-ci sont situés à des endroits qui limitent les impacts sur les cultures et les conséquences sur les récoltes. La collaboration entre les producteurs et les clubs de motoneigistes est d’ailleurs excellente. La conférence de presse de jeudi dernier, à laquelle participaient l’Union et la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), est une démonstration de cette belle collaboration qui favorise la pratique de cette activité hivernale.

Cette activité engendre 14 000 emplois au Québec, principalement dans nos régions. Elle favorise le tourisme à une période de l’année où ce secteur en a bien besoin. Il serait dommage que quelques délinquants mettent à risque la pratique de cette activité. Lorsqu’un producteur refuse l’accès à ses terres, cela entraîne des dépenses importantes, en argent et en heures de bénévolat, pour négocier de nouveaux passages, les nettoyer, installer des ponceaux et ériger la signalisation.

La sécurité est un autre enjeu à considérer. Les sentiers balisés assurent aux motoneigistes que le passage est sécuritaire. Ceux qui se risquent à quitter les sentiers s’exposent à plusieurs dangers cachés sous la neige, comme des dénivelés, des amas de roches, des surfaces d’eau non gelées ou des clôtures.

Si la sensibilisation ne fonctionne pas, les autorités publiques, les fabricants et les vendeurs de motoneiges devront agir. L’usage des modèles de motoneige hors-piste devra être balisé et le non-respect des propriétés privées, pénalisé de façon suffisamment sérieuse pour décourager ce comportement.

La pratique de la motoneige génère des retombées économiques de plus de 3 G$ chaque année. Il serait insensé de mettre en péril ce que des milliers de producteurs et de bénévoles ont pris des années à bâtir à cause d’individus irresponsables et irrespectueux.

J’espère que l’appel que nous avons lancé sera entendu et j’invite les producteurs à continuer de publier des photos des conséquences et des dommages qu’entraînent les mauvais comportements. Ces témoignages sont essentiels pour que les choses changent.