Voilà maintenant un an que nous vivons les effets d’une crise sanitaire mondiale. Pendant cette période, les Québécois ont été confinés à des degrés divers, selon l’évolution de la pandémie et les capacités du réseau de la santé. La pandémie aura changé nos comportements et augmenté nos appréhensions face aux virus et aux bactéries dans notre environnement. Quand recommencerons-nous à nous serrer la main, nous faire la bise, nous joindre à une foule dans un festival tout en nous sentant en sécurité?

Au chapitre des finances publiques, les déficits accumulés sont renversants. Qui peut vraiment saisir la pleine mesure d’un déficit de 300 G$ au Canada et d’un plan de relance de 1 900 G$ aux États-Unis? Cela dépasse l’entendement; de tels montants sont trop gros pour être conceptualisés en fonction de nos références en ce domaine. Pourtant, ces déficits font maintenant partie de notre réalité et de celle de nos enfants. Avions-nous le choix? Pas vraiment.

La crise a fait mal à certains secteurs agricoles. Les producteurs et fournisseurs qui approvisionnent le réseau de l’hôtellerie et de la restauration ne l’ont pas eu facile. Les cabanes à sucre qui offraient des repas et les fermes qui comptent sur l’agrotourisme non plus. Et que dire des abattoirs, déjà aux prises avec des problèmes de main-d’œuvre, qui ont dû gérer des éclosions et même des fermetures temporaires, obligeant les producteurs à gérer les animaux qui s’entassaient à la ferme.

Revenons sur la main-d’œuvre, enjeu de la décennie pour le secteur agroalimentaire. L’arrivée des travailleurs étrangers temporaires, incertaine au début de la pandémie, retardée avec les difficultés rencontrées dans les pays d’origine et l’imposition des nouvelles mesures sanitaires, a fait blanchir les cheveux de plusieurs. Le travail à la ferme n’attend pas. Les journées perdues ne peuvent pas être récupérées et la saison ne s’allonge pas. Forts de l’expérience de l’an dernier, nous nous attendions à ce que les choses se déroulent rondement cette année. Eh bien non! Le protocole pour tester les travailleurs avant qu’ils puissent se rendre dans les fermes est un exemple concret de la déconnexion totale entre les fonctionnaires qui imaginent ces mesures et nous, qui devons les appliquer dans la vraie vie. C’est vraiment frustrant.

La pandémie nous a aussi fait réaliser que la peur est un moteur puissant. La ruée sur le papier hygiénique en est une démonstration pathétique. Mais la peur de manquer de fournitures médicales, ou que la chaîne alimentaire soit rompue, cachait une appréhension plus grave : celle du chaos social si de telles pénuries devaient survenir. Une des leçons de la pandémie : ne rien tenir pour acquis.

La résilience de notre chaîne alimentaire repose d’abord sur la contribution de dame Nature, mais aussi sur la fluidité du transport des marchandises et des personnes. Une crise climatique ou une pandémie qui limiterait la circulation des denrées provoquerait rapidement un bris dans la chaîne alimentaire et le chaos social. Maximiser l’autonomie alimentaire des nations aurait dû être une priorité depuis longtemps. Si l’élan pour l’autonomie alimentaire se maintient, et j’y crois, la pandémie aura eu cela de bon.

De tout ce dont nous avons été privés depuis un an – voyages, restaurants, sorties et autres –, ce qui me manque vraiment, c’est le contact direct avec mes proches, enfants, petits-enfants, frères et sœurs, les discussions entre amis, un verre pour l’amitié à la fin de la journée.

En général, je m’accommode assez bien des sorties moins fréquentes et du télétravail. Les conférences et les rencontres virtuelles fonctionnent et les dossiers avancent. On économise beaucoup de temps en travaillant avec ces outils. Ce sera un autre legs de la pandémie. Mais sincèrement, les contacts humains me manquent et j’ai hâte de les retrouver. Avec la vaccination qui progresse, j’ai bon espoir que ce sera pour bientôt. On aura quand même vécu toute une expérience!