Comme je l’indiquais la semaine dernière, chaque semaine depuis le début de la campagne, nous avons interpellé les formations politiques et les candidats sur l’un de nos enjeux prioritaires. Je vous ai parlé des trois premiers enjeux, c’est-à-dire la gestion des risques en agriculture, l’agroenvironnement et la main-d’œuvre. Voici les quatrième et cinquième enjeux importants sur lesquels nous avons interpellé les partis.

Le commerce international des denrées alimentaires s’est beaucoup développé ces 30 dernières années. Le Canada en a fait une priorité lors de chaque négociation d’ententes commerciales bilatérales ou multilatérales. Les productions sous gestion de l’offre ont payé un prix élevé pour les accès consentis sur notre marché. Il faut maintenant que cela cesse. Nous dire que la gestion de l’offre sera protégée n’est pas suffisant.

Il faut un engagement clair qu’il n’y aura plus de concessions supplémentaires dans aucune autre négociation à venir. Le projet de loi C-216, dont l’adoption n’a pu être complétée, doit être déposé de nouveau. Ce projet de loi obligeait un futur gouvernement à ne plus faire de concessions dans les secteurs sous gestion de l’offre lors de prochaines négociations.

Toujours au chapitre des échanges internationaux, les conflits commerciaux ont de plus en plus de répercussions sur notre secteur. La Chine, grande importatrice de céréales et de viandes nord-américaines, n’hésite pas à utiliser le commerce des denrées agricoles pour mettre de la pression sur les gouvernements canadiens et américains. Nos voisins du sud ont accordé 28 G$ en soutien supplémentaire aux producteurs qui subissaient les contrecoups des guerres commerciales. Les producteurs canadiens n’ont bénéficié d’aucun appui et ont fait les frais de ce conflit. Les programmes de gestion des risques ne sont pas adaptés aux conséquences d’un embargo qui, subitement, limite les exportations vers un client aussi important que la Chine.

Dans le dossier du bois d’œuvre, le Canada devrait négocier avec les États-Unis et obtenir une exemption des taxes pour le bois de la forêt privée. Les plaintes concernant ce conflit sont strictement liées aux récoltes de bois provenant des terres publiques. Les États-Unis estiment que les compagnies ne paient pas un prix suffisant pour ce bois et que cela représente une concurrence déloyale pour leur industrie. Le bois des terres privées n’est aucunement subventionné.

Le code de bonnes pratiques entre détaillants, fournisseurs et producteurs est un autre enjeu important. La taille des détaillants et leur pouvoir sur la filière agroalimentaire commandent l’adoption de règles pour rétablir un rapport de force sain entre les membres de la filière. Le gouvernement doit suivre de près l’évolution de ce dossier, qui a quand même bien cheminé ces derniers mois.

Au regard de la fiscalité, le secteur agricole a remporté une grande victoire en juin avec l’adoption du projet de loi C-208. Rappelons que l’encadrement fiscal canadien faisait en sorte qu’il était plus avantageux pour un cédant de vendre son entreprise agricole à un tiers qu’à un membre de sa famille, car il ne bénéficiait pas des mêmes exonérations fiscales. Le projet de loi C-208 corrige cette iniquité et doit être mis en œuvre rapidement. Des entreprises attendent maintenant que le projet de loi soit en vigueur pour aller de l’avant avec leurs transactions.

L’ensemble des enjeux soulevés par l’Union sont disponibles, de façon beaucoup plus détaillée, sur le site Web de l’organisation, sous le thème « L’autonomie alimentaire, ça se cultive ensemble ». Profitez des quelques jours qui restent d’ici la tenue du scrutin pour sensibiliser les candidats aux grands enjeux de notre secteur!