À chaque semaine depuis le début de la campagne, nous avons interpellé les partis et les candidats sur l’un de nos enjeux prioritaires. Cette stratégie nous permet de maintenir l’intérêt des médias pour les questions agroalimentaires tout au long de la campagne.

Première semaine : la gestion des risques en agriculture. Le Canada fait piètre figure à cet égard, selon les données de l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Les États-Unis et l’Europe soutiennent plus et mieux leur agriculture. Les conséquences sont les suivantes : pour demeurer compétitives, les fermes canadiennes se tournent vers l’endettement. La modernisation, les mises à niveau pour le bien-être animal et l’environnement sont financés par une augmentation de la dette des entreprises agricoles, qui n’a jamais été aussi élevée considérant leur revenu brut. Les taux d’intérêt ne seront pas éternellement bas. Lorsqu’ils augmenteront (ce qui est fort possible avec l’inflation que l’on connaît), plusieurs entreprises, ayant déjà épuisé leur marge de manœuvre, seront en difficulté. La bonification d’Agri-stabilité, au niveau qu’il était avant les coupures du gouvernement Harper en 2013, est donc essentielle.

Toujours au chapitre de la gestion des risques, l’assurance récolte est une préoccupation. Les aléas climatiques sont plus nombreux et dommageables qu’auparavant. Le Programme d’assurance récolte doit être adapté à ce nouvel environnement.

Le Partenariat canadien pour l’agriculture vient à échéance le 31 mars 2023 et sera remplacé par un nouveau plan quinquennal. Un investissement supplémentaire de 2,6 G$ par année est nécessaire pour que les agriculteurs canadiens jouissent d’un traitement comparable à leurs voisins américains.

Deuxième semaine : l’agroenvironnement. Les Canadiens ont des attentes très élevées à l’égard des producteurs agricoles. La protection de l’environnement, de l’eau et de la biodiversité est au sommet des priorités sociétales. L’UPA propose au futur gouvernement la création d’un nouveau programme Agri-vert, calqué sur Agri-investissement, mais sans contrepartie des entreprises, pour soutenir et encourager l’adoption de bonnes pratiques agricoles et de bien-être animal. À l’image du Plan d’agriculture durable lancé l’automne dernier par le gouvernement du Québec, ce nouveau programme, en plus d’appuyer des principes chers aux citoyens, réduirait l’écart qui nous sépare des États-Unis et de l’Europe, qui ont choisi cette voie pour soutenir leurs agriculteurs depuis déjà un certain temps.

Troisième semaine : la main-d’œuvre. Nous demandons depuis plusieurs années l’allègement des mesures administratives liées à l’embauche de travailleurs étrangers temporaires (TET). On doit diminuer la bureaucratie et les coûts du programme pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre généralisée dans toutes les régions du Québec.

La mobilité des TET est importante et doit être permise dans un même secteur d’activité. La cueillette des asperges au printemps ne dure que quelques semaines; celle des pommes ne débute qu’en août. Permettre aux TET de passer plus facilement d’une entreprise agricole à une autre fait partie de nos demandes. Des améliorations à cet égard sont proposées.

Le regroupement de plus petites entreprises, pour qu’elles puissent collectivement avoir recours aux TET, est une autre demande que nous formulons depuis plusieurs années. La pénurie de main-d’œuvre rend également très difficile le recrutement d’employés à temps partiel. Les TET représentent une solution intéressante pour assurer la pérennité de ces entreprises.

Finalement, l’Union demande la reconduction du Programme d’aide pour l’isolement obligatoire des travailleurs étrangers temporaires, ainsi que sa bonification, afin de couvrir les dépenses supplémentaires que doivent engager les entreprises, et ce, pour aussi longtemps que sera appliquée aux TET la Loi sur la mise en quarantaine. Il est quand même curieux de maintenir la Prestation canadienne d’urgence, mais pas ce programme.

L’ensemble des enjeux soulevés par l’Union sont disponibles, de façon beaucoup plus détaillée, sur le site Web de l’organisation, sous le thème « L’autonomie alimentaire, ça se cultive ensemble ». Nous avons tous les arguments pour sensibiliser les candidats aux grands enjeux de notre secteur stratégique. Je vous invite maintenant à aller à leur rencontre.