Les élections municipales ont connu un lent départ en raison, notamment, de la tenue du scrutin fédéral qui leur portait ombrage. Mais le « remaniement ministériel le plus dispendieux dans l’histoire du Canada », comme le mentionnait le journaliste Daniel Leblanc, est maintenant chose du passé. Place, donc, aux enjeux municipaux.

Plus de 12 000 personnes ont présenté leur candidature à titre de maire ou de conseiller municipal dans plus de 1 000 municipalités en vue des élections du 7 novembre prochain. Cela peut paraître beaucoup, mais soulignons qu’environ 4 200 candidats ont été élus ou réélus sans opposition au terme de la période de mise en candidature. De ce nombre, on compte 572 maires, ce qui représente plus de la moitié des postes à pourvoir, y compris dans 10 des 50 plus grandes villes du Québec. On relève par ailleurs 11 municipalités sans aucune candidature.

Le ministère des Affaires municipales devra se pencher sur ce phénomène, car les gouvernements municipaux ont une incidence unique, concrète et sans équivoque sur le quotidien des citoyens. Imaginez un seul instant une circonscription électorale, provinciale ou fédérale, avec un seul ou même aucun candidat. Il y a un problème et il faudra s’y intéresser.

Les élus municipaux sont des acteurs essentiels en matière de développement social, économique et culturel et d’aménagement du territoire. Ils sont, pour les milieux agricoles et forestiers, des interlocuteurs incontournables. D’autant plus que la véritable autonomie alimentaire repose sur le développement du plein potentiel de notre agriculture, dans chaque localité et dans chaque coin de pays. L’Union entend donc, à l’instar du scrutin fédéral, profiter des élections municipales pour attirer l’attention des candidats, des médias et du grand public sur un certain nombre d’enjeux agricoles et alimentaires.

Ainsi, nous proposons chaque semaine depuis le lancement officiel des élections un thème sur lequel cette grande discussion sur l’agriculture et la foresterie doit porter, en l’occurrence l’agriculture et l’autonomie alimentaire, l’importante contribution des secteurs agricoles et forestiers dans le développement régional, la future Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires, la réglementation municipale en matière de pesticides et la nécessité de mettre en place un taux agricole distinct.

Rappelons que l’agriculture et la foresterie sont pratiquées sur l’ensemble du territoire québécois. Elles façonnent le visage des régions à la fois sur les plans géographique, communautaire et économique. Les quelque 40 000 agriculteurs du Québec exploitent près de 28 000 entreprises, majoritairement familiales, procurent un emploi à près de 60 000 personnes et ont généré, en 2020, des recettes monétaires de plus de 10 G$. Les 30 000 producteurs forestiers récoltent quant à eux de la matière ligneuse pour une valeur annuelle de plus de 300 M$ générant un chiffre d’affaires de 4,3 G$ par la transformation de leur bois. Les municipalités doivent reconnaître, protéger et promouvoir cette contribution inestimable, d’autant plus que la zone cultivable ne représente que 2 % du territoire québécois.

Or, au Québec ces cinq dernières années, près de 10 000 hectares de la zone agricole ont été sacrifiés à d’autres usages que l’agriculture. La protection et la préservation des terres et des activités agricoles doivent être des priorités. C’est une question vitale pour notre sécurité alimentaire et les générations futures en raison, notamment, de la rareté de cette ressource que sont les terres arables et les risques que représente le réchauffement climatique.

L’ensemble des enjeux soulevés par l’Union sont disponibles, de façon beaucoup plus détaillée, sur le site Web de l’organisation. Les élections municipales représentent une occasion en or d’interpeller les candidats sur les enjeux agricoles et alimentaires. J’espère que vous profiterez du scrutin pour aller à leur rencontre.