Le 97e Congrès général de l’Union est maintenant terminé, ce qui met fin à cette belle aventure qu’a été mon implication au sein du syndicalisme agricole québécois. Après dix belles années à la barre de l’organisation, je rentre dans mes terres. La vie a toujours été très généreuse pour moi. Quand je suis devenu copropriétaire de Ferme D.M. Groleau en 1988, j’étais loin de me douter qu’un jour, je serais président de cette organisation bien connue.

J’ai hérité de mes parents et ma famille des convictions profondes, soit que le travail collectif et la mise en commun sont essentiels pour construire une société plus juste et équitable.

J’ai mis mon énergie à faire la promotion des valeurs de l’Union, une grande organisation qui a traversé les décennies et qui a su évoluer et s’ajuster sans faire de compromis sur ses principes fondateurs.

Durant ces dix dernières années, j’ai donné des centaines d’entrevues pour expliquer, vulgariser, défendre et, surtout, rendre justice à tout le travail que vous faites chaque jour dans vos fermes, aux difficultés que vous traversez ainsi qu’aux succès et plaisirs de travailler avec la nature et le cycle des saisons.

J’ai côtoyé des producteurs de toutes les productions et appris les enjeux de chaque secteur, pour être en mesure d’avoir des propos justes quand je devais prendre la parole. L’agriculture du Québec est très riche.

J’ai rencontré pendant toutes ces années des milliers de producteurs et de productrices agricoles, des gens extraordinaires, passionnés, certains éprouvés, d’autres inquiets. La résilience de l’agriculture québécoise repose sur la ferme familiale. Elle est le socle de l’agriculture du Québec.

À ce moment-ci, j’aimerais attirer votre attention sur deux phénomènes que je trouve inquiétants. D’abord, la concentration du secteur de la transformation, notamment celui des viandes et de la distribution alimentaire. En raison de ce phénomène, il est de plus en plus difficile d’obtenir des prix justes pour nos produits, et même d’être en mesure de négocier. La mise en marché collective demeure certainement la meilleure réponse à cette situation.

Deuxièmement, l’accès au foncier agricole. Le prix des terres et la spéculation dont elles font l’objet obligent les entreprises agricoles à s’endetter de plus en plus pour s’agrandir, être transférées ou démarrer. Un phénomène qu’on ne peut plus ignorer et sur lequel, un jour, il faudra bien intervenir.

Je sais que c’est en travaillant ensemble et en utilisant les leviers de la force collective de l’Union que nous pourrons le mieux faire face à ces enjeux et à bien d’autres.

L’Union, ce sont des producteurs engagés à tous les niveaux de l’organisation. Mais c’est également nos employés, nos collaborateurs de tous les jours. À vous tous, un grand merci.

Je félicite notre nouveau président Martin Caron, un homme avec qui j’ai travaillé pendant de nombreuses années. Il est l’homme de la situation. Il sera épaulé par Paul Doyon et Stéphanie Levasseur. Une équipe solide en qui j’ai pleinement confiance.

En terminant, je veux remercier mes proches, qui m’ont accompagné dans cette aventure : mon frère Denis, qui a gardé le fort et fait progresser la ferme, et bien sûr mon épouse Joan et mes enfants, qui ont dû composer avec mes absences.

Je serai toujours un observateur attentif de la scène agricole québécoise et canadienne, tout en étant un peu moins impliqué. Je remercie les lecteurs de cette page que j’ai occupée pendant dix ans. Une tribune exceptionnelle que nous offre La Terre de chez nous. J’espère que vous avez eu autant de plaisir à me lire que j’en ai eu à y écrire.