La semaine dernière, à l’occasion du 97e Congrès général de l’Union, j’ai eu le privilège d’accéder à la présidence de cette belle et grande organisation. C’est une responsabilité qui me procure une très grande fierté. D’abord parce que les agricultrices et les agriculteurs sont des gens passionnés qui pratiquent un métier noble et exigeant. Ensuite parce que les défis qui nous attendent pour nourrir l’humanité durablement (thème du congrès) sont nombreux.

À brève échéance, je travaillerai avec mes collègues du conseil exécutif, plus particulièrement Paul Doyon et Stéphanie Levasseur, pour bien préparer la suite des choses. Le Plan de développement de l’Union et ses trois axes (revenu, services et agir ensemble) continueront de guider nos interventions tout au long de la prochaine année. Ces fondements nous permettront d’avancer sur tous les plans : influencer et proposer les assises d’une politique agricole performante et cohérente, nous mobiliser pour maintenir notre capacité d’action collective, offrir notre expertise et accroître les services et l’accompagnement aux entreprises agricoles.

L’agriculture québécoise est sur une belle lancée, mais les défis sont nombreux. Je pense notamment à l’enjeu environnemental, aux changements climatiques, à la gestion de l’eau et aux attentes sociétales. Le soutien indéfectible des gouvernements canadien et québécois sera indispensable pour maintenir la compétitivité de nos entreprises. Je fais aussi référence à la bonification des programmes de gestion des risques, à la protection accrue du territoire et des activités agricoles, à l’adoption d’une réglementation raisonnée à tous les égards, à l’accès facilité à une main-d’œuvre compétente et efficace, aux attentes légitimes des jeunes de la relève ainsi qu’à la santé, la sécurité et le mieux-être des agricultrices et des agriculteurs.

L’action collective, sous toutes ses formes, continuera d’être notre véhicule privilégié. Rappelons à cet égard les efforts répétés du Syndicat des Producteurs forestiers du Sud du Québec, du Syndicat des producteurs de bois de la Côte-du-Sud et du Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec pour moderniser le modèle de mise en marché du bois rond vendu aux scieries. Il est clair que les récentes décisions de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec privent injustement les producteurs forestiers de ces régions d’un moyen efficace, démocratique et légitime pour équilibrer le rapport de force face à une industrie forestière toujours plus puissante, concentrée et omnipotente.

À titre d’exemple, pendant que le cours du bois d’œuvre battait des records en mai dernier, les producteurs du Sud du Québec recevaient à peine plus d’un dollar pour une bille de bois de 8 pieds vendue aux scieries, ces dernières pouvaient vendre aux consommateurs un 2×4 issu de cette même bille à plus de 8 $. Cet exemple illustre très bien pourquoi nous continuerons d’être aux côtés des producteurs forestiers.

L’engouement citoyen pour les aliments de chez nous s’est manifesté comme jamais depuis le début de la crise sanitaire. Cet intérêt renouvelé est d’une grande valeur. Les agricultrices et les agriculteurs du Québec participent chaque jour à l’avancement d’un grand projet de société, soit nourrir leurs concitoyens. Toute la population doit être interpellée par cette belle et grande aventure, à commencer par une compréhension optimale de nos enjeux. L’ouverture ne doit pas être à sens unique. La compréhension mutuelle de nos besoins et de nos attentes respectives doit continuer d’avancer.

Cet éditorial hebdomadaire prendra une pose jusqu’à l’édition du 5 janvier prochain. Je vous souhaite donc une belle période des Fêtes. Prenez soin de vous et des vôtres, car une grosse année nous attend!