Les conseillers généraux de l’Union ont récemment adopté les priorités de l’organisation pour l’année en cours. Ces priorités s’appuient sur des constats qui nous définissent en tant que secteur économique d’envergure, de joueur sociétal stratégique et d’agent de changement partout sur le territoire québécois.

La crise sanitaire que nous vivons bouscule notre quotidien depuis bientôt deux ans. Dans ce cadre, bâtir une stratégie pour augmenter l’autonomie et la sécurité alimentaires est devenu un enjeu important pour plusieurs pays. Au Québec comme ailleurs, cet enjeu est à l’origine d’une reconnaissance renouvelée envers les productrices et producteurs. Les consommateurs québécois souhaitent plus que jamais, quand c’est possible, manger local. Cet intérêt citoyen doit être cultivé, tout en répondant aux attentes légitimes des consommateurs, en assurant la compétitivité de nos entreprises et en continuant de militer en faveur d’un rééquilibrage des forces du commerce permettant un système alimentaire plus durable, ici et ailleurs dans le monde.

Ces constats généraux mènent à des enjeux particuliers. Afin de permettre à notre agriculture et à notre foresterie d’atteindre leur plein potentiel, il est essentiel de prioriser un soutien gouvernemental vigoureux et soutenu, comparable à nos principaux compétiteurs internationaux, ainsi que des programmes de gestion des risques financés adéquatement et adaptés aux réalités des entreprises du secteur. Rappelons à cet égard que l’actuel cadre stratégique agricole (Partenariat canadien pour l’agriculture) vient à échéance le 31 mars 2023 et qu’il sera remplacé par un nouveau plan quinquennal. Le gouvernement canadien doit saisir cette occasion pour bonifier de façon substantielle son appui au secteur agricole.

Des politiques et des initiatives visant à répondre efficacement aux enjeux de main-d’œuvre ainsi que des investissements publics significatifs en agroenvironnement sont également requis. Sur ce point, soulignons au passage la récente annonce des Producteurs laitiers du Canada, qui visent la carboneutralité pour la production laitière à la ferme d’ici 2050. Dans ce secteur comme dans d’autres, il est clair que du soutien et de l’accompagnement additionnels seront nécessaires pour accélérer le virage écologique souhaité par les consommateurs.

L’environnement d’affaires de nos entreprises est aussi au cœur de nos priorités. L’Union veillera notamment au bon fonctionnement de la mise en marché en documentant le phénomène de concentration des entreprises et en proposant des solutions aux enjeux qui se présentent. Elle accompagnera aussi les secteurs de production qui souhaitent consolider ou bonifier leurs conditions de mise en marché. La création ou le maintien d’outils collectifs permettant aux entreprises agricoles de répondre aux demandes des divers marchés, incluant le secteur biologique, est une véritable condition de succès.

Au chapitre du dynamisme syndical, 2022 sera l’occasion de déployer le plan de renforcement de la vie syndicale, la relève syndicale et la mixité. Une attention particulière sera portée à l’accueil des nouveaux producteurs, une formule gagnant-gagnant pour toutes les parties prenantes. Obtenir des modifications à la Loi sur les producteurs agricoles, permettant une formule de financement plus juste et équitable entre les producteurs avec et sans plan conjoint et en fonction de la dimension des entreprises, demeure aussi un objectif important cette année.

Ces éléments ne représentent bien sûr qu’un survol des nombreuses priorités retenues. Des actions sont prévues au regard d’une multitude de dossiers, comme la fiscalité des entreprises, le déploiement du Plan d’agriculture durable, la campagne électorale provinciale, l’achat local, l’agriculture de proximité ainsi que la protection du territoire et des activités agricoles. L’ensemble des objectifs adoptés par les conseillers généraux ont toutefois ceci en commun : ils visent tous à permettre de nourrir durablement les consommateurs d’ici et d’ailleurs.

Cette grande mission est d’ailleurs à l’origine de nos propositions dans le cadre des prochaines consultations prébudgétaires du gouvernement québécois. À cette occasion, une vingtaine de demandes seront formulées au regard de la gestion des risques, de la main-d’œuvre, de l’environnement, de la forêt privée et de la relève. Le tout pour assurer le plein développement de l’agriculture et de la forêt privée : des secteurs résilients, stratégiques et en développement.