Longueuil, 30 Nov 2018 — Une nouvelle étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) et de Coop Carbone permet d’évaluer qu’environ 60 % des activités de l’Union des producteurs agricoles (UPA) et de ses groupes affiliés constituent une forme d’entrepreneuriat collectif appartenant à l’économie sociale. Intitulée « L’entrepreneuriat collectif au cœur du modèle agricole québécois », l’analyse confirme toute l’importance du rôle social et collectif tout à fait unique de l’UPA dans le paysage syndical québécois.

Rappelons qu’une entreprise d’économie sociale est une organisation poursuivant des objectifs sociaux qui, pour les atteindre, produit et vend des biens ou des services. La mission sociale de ces entreprises l’emporte ainsi sur leurs activités marchandes. L’économie sociale est une avenue porteuse au chapitre de la démocratisation de l’économie, du développement durable et de l’émergence d’un modèle de développement basé sur des valeurs de solidarité, d’équité et de transparence.

Les travaux de Robert Laplante, directeur général de l’IRÉC, et de Renaud Sanscartier, expert agroalimentaire chez Coop Carbone, ont permis d’identifier une grande variété d’exemples qui vont au-delà des activités strictement syndicales telles que UPA Développement international (UPA DI), le Conseil de promotion de l’agroalimentaire québécois (aussi connu sous le nom Aliments du Québec), Agri-Traçabilité Québec, la Société québécoise de développement de la main-d’œuvre et Développement des ressources humaines Canada (AGRIcarrières) et La Terre de chez nous (publiée depuis 1929).

La majorité des fédérations régionales de l’UPA offre aux entreprises agricoles un service de comptabilité et de fiscalité. Répartis partout en province, plus de 250 professionnels (comptables, fiscalistes, techniciens, etc.) spécialisés en agriculture répondent ainsi aux besoins spécifiques de plus de 12 000 entreprises en matière de comptabilité, de fiscalité, de conseils financiers et de gestion.

Les groupes spécialisés affiliés à l’UPA ont quant à eux mis en œuvre un grand nombre d’initiatives collectives, telles qu’un service de gestion des risques de marché par les Éleveurs de porcs du Québec (formations sur la mise en marché du porc, possibilité d’effectuer des transactions de contrats à livraison différée, etc.), la gestion du transport du lait et la péréquation des frais de transport instaurés par les Producteurs de lait du Québec, ainsi que la mise en place d’une réserve stratégique de sirop d’érable par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Plusieurs organisations affiliées à l’UPA ont aussi instauré des programmes visant à aider la relève agricole et soutiennent des organismes communautaires ou caritatifs. Le programme Lait-école administré par Les Producteurs de lait du Québec (distribution de berlingots de lait dans les écoles primaires du Québec), le programme Le poulet du Québec en cadeau des Éleveurs volailles du Québec (soutient à des organismes luttant contre la faim) et les partenariats que la Fédération des producteurs d’œufs du Québec a développés avec des organisations œuvrant au bien-être de la collectivité (comme la Fondation OLO, le Club des petits déjeuners du Québec, Leucan et La Tablée des chefs) sont de bons exemples. L’analyse révèle que 80 % des activités des groupes affiliés de l’UPA sont en fait des services découlant de l’entrepreneuriat collectif plutôt que de la pratique syndicale.

L’analyse de Messieurs Laplante et Sanscartier révèle aussi que les activités réalisées par l’UPA et ses groupes affiliés engendrent des retombées économiques significatives pour le Québec. Annuellement, 2 069 emplois, 182,5 M$ de PIB et 35,6 M$ de revenus pour les divers paliers de gouvernement sont créés. Environ 60 % de ces retombées proviennent d’initiatives appartenant à l’économie sociale.

La Maison de l’UPA, à Longueuil, où sont regroupés la Confédération de l’UPA, la majorité des groupes spécialisés ainsi que plusieurs entreprises apparentées (ex. UPA DI, Agri-Traçabilité Québec, etc.), partage quant à elle plusieurs ressemblances avec les sièges sociaux et génère des retombées similaires. Avec plus de 500 employés, la Maison de l’UPA se compare avantageusement à l’ensemble des sièges sociaux de la grande région montréalaise, où l’on retrouve en moyenne 111 employés. Elle contribue aussi au prestige de l’agglomération de Longueuil et à son attrait auprès des visiteurs d’affaires par le biais, notamment, de nombreuses délégations étrangères et de plusieurs événements.

Selon les auteurs de l’étude, l’apport de l’UPA et de ses organisations affiliées à l’économie sociale « donne au modèle agricole québécois une architecture unique qui le distingue des économies agricoles observées dans d’autres pays développés, où plusieurs des initiatives recensées au Québec relèvent habituellement du domaine exclusif de l’économie marchande et de l’entrepreneuriat privé ».

L’étude « L’entrepreneuriat collectif au cœur du modèle agricole québécois » est disponible ici.

DOCUMENT Rapport ÉcoRessources - L'entrepreneuriat collectif au coeur du modèle agricole québécois