Longueuil, 04 Dec 2018 — « La 94e édition du Congrès général de l’Union nous permettra de réfléchir à l’agriculture et l’alimentation de demain. C’est une réflexion importante, car les agriculteurs du Québec souhaitent profiter de toutes les opportunités sur les marchés d’ici et d’ailleurs dans le monde », a déclaré le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, à l’ouverture du Congrès général de l’organisation qui se tient aujourd’hui et demain à Québec.

Sous le thème « Nourrir en 2048 », les quelque 600 participants profiteront du Congrès général de l’Union pour se pencher sur l’avenir de notre agriculture, de notre alimentation et de notre coin de pays. Une grande conférence et quatre panels en compagnie d’invités de renoms issus d’horizons variés porteront sur l’adaptation aux changements environnementaux, les grandes tendances sociétales alimentaires, l’innovation des pratiques agricoles et l’action collective de demain.

« Le monde va continuer de changer à une vitesse folle au cours de prochaines années. Les gouvernements du Québec et du Canada feront-ils de l’agriculture une priorité? Nos compétiteurs internationaux continuent d’être soutenus par des politiques agricoles musclées, car leurs gouvernants ont identifié l’agroalimentaire comme un levier économique important. Messieurs Legault et Trudeau sont-ils prêts à en faire autant? », a continué le président général de l’UPA.

Rappelons que les quelque 28 000 entreprises agricoles de chez nous procurent de l’emploi à près de 57 000 personnes. En 2017, le secteur agricole québécois a généré 8,5 G$ de recettes, ce qui en fait la plus importante activité du secteur primaire au Québec et un acteur économique de premier plan, particulièrement dans nos communautés rurales. Selon une étude récente, ces retombées pourraient augmenter de 30 % au cours de la prochaine décennie et créer 21 000 nouveaux emplois, si les conditions nécessaires sont réunies.

Toutefois, les concessions canadiennes dans les accords de commerce, plus particulièrement dans les secteurs sous gestion de l’offre, l’impact négatif des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine sur le prix du porc et du soya et la présence accrue d’aliments étrangers qui ne respectent pas nécessairement les normes sanitaires, sociales et environnementales du Québec et du Canada affectent la compétitivité des producteurs agricoles québécois.

L’impossibilité d’identifier facilement l’origine et le contenu des aliments, l’absence de politique d’achat local dans nos institutions publiques, un soutien en deçà de la moyenne des pays de l’OCDE et le désengagement de l’État au fil des ans sont d’autres enjeux pressants. L’accès aux terres pour la relève, l’agroenvironnement, la gestion des risques et l’augmentation accélérée du salaire minimum le sont également. L’adoption d’un plan vert agricole, la modernisation des programmes de La Financière agricole du Québec ainsi qu’un soutien accru à l’investissement figurent parmi les priorités à brève échéance.

Il est urgent également de procéder à une révision en profondeur de la fiscalité foncière agricole. L’augmentation fulgurante de la valeur des terres ces dernières années a fait exploser le fardeau fiscal des entreprises agricoles. Le Programme de crédit de taxes foncières agricoles et le Programme de remboursement des taxes foncières pour les boisés sous aménagement ne sont plus en mesure d’assurer l’équité en matière de taxation. « Dans certains secteurs et selon la région, c’est la rentabilité même de plusieurs entreprises qui est en jeu. Les nouveaux rôles d’évaluation dépassent les pires prévisions » a indiqué M. Groleau.

« Les agriculteurs du Québec souhaitent continuer de nourrir leurs concitoyens au cours des prochaines décennies. « Nourrir en 2048 » est un projet mobilisateur qui suscite une très forte adhésion. Les gouvernements du Québec et du Canada doivent avoir l’audace d’aller de l’avant », a conclu le président général de l’UPA, faisant référence à la récente marche citoyenne Garde-manger en danger, où plus de 5 000 agriculteurs, représentants du secteur agroalimentaire, intervenants de la société civile et consommateurs ont marché pour une même cause : notre avenir alimentaire qui passe par le respect de notre agriculture et le soutien aux producteurs et à la consommation d’aliments d’ici.