Longueuil, 19 March 2019 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) prend acte des mesures à l’intention du secteur agricole dans le budget fédéral 2019-2020. Ces dernières s’appuient sur des enjeux importants pour les agriculteurs québécois et canadiens, mais les moyens déployés sont insuffisants.

« Les budgets fédéraux consacrés au secteur agricole ont diminué de moitié ces quinze dernières années. Pendant ce temps, le gouvernement canadien multiplie les ententes internationales et cède des parts toujours plus importantes de nos marchés. Cette situation précarise les agriculteurs québécois et canadiens », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Comme le soulignent Les Producteurs de lait du Québec, les compensations de 3,9 G$ annoncées dans le budget ne couvrent pas complètement les pertes pour l’Accord économique et commercial global avec l’Union européenne et le Partenariat transpacifique global et progressiste. Les compensations à venir pour l’Accord États-Unis-Mexique-Canada sont quant à elles à déterminer. Il reste donc plusieurs questions sans réponses dans ce dossier.

Au chapitre des mesures à l’intention du secteur agricole, le budget 2019-2020 identifie plusieurs enjeux importants, c’est-à-dire l’appui aux projets axés sur les aliments locaux, la promotion des produits canadiens, la lutte contre la fraude alimentaire, l’accès possible à la résidence permanente pour certains travailleurs étrangers, l’accueil des travailleurs étrangers temporaires ainsi qu’une vigilance accrue au chapitre de la peste porcine africaine. Les budgets consacrés à ces mesures sont toutefois modestes.

Le budget propose également d’établir une cible nationale de connectivité selon laquelle 95 % des foyers et des entreprises au Canada auront un accès Internet à des vitesses d’au moins 50/10 Mb/s d’ici 2026 et 100 % d’ici 2030, peu importe leur emplacement au pays. Cet objectif sera bien accueilli par les agriculteurs québécois et canadiens.

Rappelons que les dépenses budgétaires du gouvernement canadien en matière d’agriculture sont passées de plus de 5,3 G$ en 2003-2004 à 2,5 G$ en 2019-2020 (-53 %). Ajoutons que les producteurs agricoles canadiens (0,04 $ par 100 $ de revenus agricoles) sont moins soutenus que ceux des États-Unis (0,08 $), de l’OCDE (0,10 $) et de l’Union européenne (0,18 $). Ce désengagement n’est pas sans conséquences et limite notre compétitivité au moment où les citoyens et les consommateurs sont de plus en plus exigeants pour les aliments qu’ils consomment.