Longueuil, 12 September 2019 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au prochain gouvernement de bonifier dès cette année les programmes de gestion des risques d’entreprise (GRE) et, par la suite, d’indexer les budgets en fonction de la hausse des recettes monétaires.

L’agriculture est un puissant moteur économique pour le Canada et ses régions. Elle est aussi la pierre angulaire de notre avenir alimentaire. Les agriculteurs et les agricultrices doivent pouvoir compter sur des programmes qui leur permettent de gérer les risques inhérents à leur métier et traverser les crises. Ce n’est pas le cas actuellement, a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Les programmes de GRE (Agri-stabilité, Agri-investissement et Agri-protection) sont censés permettre aux entreprises agricoles de gérer les risques climatiques (aléas météorologiques imprévisibles), phytosanitaires (maladies des cultures ou animales) et commerciaux (instabilité des marchés) qui mettent en péril leur rentabilité. À l’heure actuelle, tant les budgets alloués que les paramètres des programmes de GRE ne permettent pas de couvrir adéquatement ces risques. À témoin, les producteurs de porcs et de canola, durement touchés par le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis, ne recevront aucune aide pour traverser la crise, contrairement à leurs compétiteurs internationaux.

Entre 2007 et 2017 au Canada, les recettes monétaires agricoles du marché (c’est-à-dire sans les paiements de programmes) sont passées de 36,8 G$ à 59,8 G$, soit une augmentation de 62,5 %. Pendant la même période, les budgets alloués aux trois programmes de GRE fédéraux sont passés de 2,2 G$ à 958 M$, une diminution de 56 %. Le désengagement fédéral est à ce point sévère que les outils de GRE ont tout simplement cessé de faire leur travail, surtout depuis les coupes importantes de 2013 (440 M$ par année en moins).

Témoignage vidéo de Marie-Claude De Martin, productrice de grandes cultures dans la région d’Huntingdon

Le gouvernement canadien doit financer les programmes de GRE à hauteur de ce qu’ils étaient avant les coupes de 2013. Les agriculteurs et les agricultrices ne peuvent pas continuer d’assumer seuls la pression exercée par les conflits commerciaux, les ententes internationales, l’importation massive d’aliments étrangers, les changements climatiques, les attentes sociétales et les maladies des cultures et des troupeaux, a conclu Marcel Groleau, rappelant que notre avenir alimentaire passe par le respect de notre agriculture, le soutien aux producteurs et à la consommation d’aliments d’ici.

Les demandes de l’UPA dans le cadre de la campagne électorale sont disponibles ici.