Longueuil, 27 September 2019 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au prochain gouvernement d’étendre, à l’ensemble des secteurs de production, l’accès aux travailleurs étrangers temporaires (TET), de permettre aux plus petites fermes de partager entre elles le temps de travail, d’accepter le transfert facile et rapide d’employeurs en cours de saison et d’alléger les contraintes administratives pour les employeurs de longue date.

Les agricultrices et les agriculteurs priorisent toujours l’embauche de travailleurs locaux, mais il est impossible de combler tous les postes vacants. Le recours aux travailleurs étrangers temporaires est essentiel pour continuer d’assurer notre avenir alimentaire, a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

La pénurie de main-d’œuvre est très élevée en agriculture. Selon une étude du Conference Board du Canada, un emploi sur 12 était vacant en 2014, comparativement à un sur 36 dans tous les autres secteurs. L’écart entre l’offre et la demande de main-d’œuvre, de son côté, s’élargirait encore plus au cours des prochaines années. Cette situation explique notamment pourquoi le recours aux TET a augmenté de 113 % entre 2011 (7 316) et 2018 (15 559).

La pénurie touche pratiquement tous les secteurs de production, mais plusieurs comme l’acériculture et celui des grains ne sont pas admissibles aux programmes agricoles de TET. Les plus petites fermes ont aussi besoin de travailleurs, mais ne sont pas toujours en mesure d’offrir des postes à temps complet. Le jumelage de deux employeurs ou l’association de plusieurs agriculteurs au sein d’une coopérative de main-d’œuvre permettrait de compléter le temps de travail d’un ou de plusieurs TET.

Par ailleurs, certaines productions connaissent leur temps fort dès le printemps, alors que d’autres sont plus propices à l’été ou à l’automne. Les TET devraient donc bénéficier d’un permis de travail ouvert qui leur permet de transférer facilement et rapidement d’employeur en cours de saison, ce qui n’est pas le cas actuellement. C’est d’ailleurs ce que recommandait le comité permanent de la Chambre des communes (HUMA) en septembre 2016 pour le volet agricole du programme, notamment pour les secteurs de l’horticulture et de la pomiculture.

Pour simplifier et accélérer le traitement des dossiers, les agriculteurs qui utilisent le programme depuis plusieurs années devraient, quant à eux, bénéficier d’un processus simplifié et accéléré, un peu comme le programme Nexus qui permet de traverser la frontière de façon rapide et sécuritaire. Ce principe était aussi proposé dans le rapport du comité HUMA de septembre 2016.

Témoignage vidéo de Marc-André Van Winden, producteur maraîcher de Saint-Cyprien-de-Napierville

La rareté de la main-d’œuvre est un enjeu majeur pour les producteurs, à un tel point qu’il a un impact sur les investissements, ce qui nuit terriblement au développement du secteur. Il faut continuer de chercher des solutions durables à ce phénomène, mais d’ici là, les programmes d’immigration temporaire doivent être mieux adaptés au secteur agricole et doivent suivre son évolution, a conclu Marcel Groleau.

Les demandes de l’UPA dans le cadre de la campagne électorale sont disponibles ici.