Longueuil, 19 February 2020 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) réagit de façon généralement positive au rapport de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) sur les pesticides.

Les membres de la CAPERN devaient arriver à un consensus dans un dossier très polarisant et fortement médiatisé. Le rapport aborde les principaux enjeux soulevés durant les audiences et reprend plusieurs de nos recommandations. Il appartient maintenant aux ministres de l’Agriculture et de l’Environnement d’y donner suite et de s’assurer que le financement alloué soit à la hauteur des engagements. Nous demandions 60 M$ de plus par année. Sur cet aspect, la Commission est muette, a déclaré aujourd’hui le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Rappelons que la CAPERN, comme l’ont demandé l’UPA, Équiterre et la Fondation David Suzuki, a procédé l’automne dernier à des auditions sur « l’examen des impacts des pesticides sur la santé publique et l’environnement, ainsi que sur les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation, et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois ».

À ce chapitre, l’UPA a demandé aux membres de la Commission de prendre en considération les nombreux gestes posés ces dernières années par les agriculteurs et les agricultrices pour limiter l’impact de leurs activités sur l’environnement, plus particulièrement en matière de gestion des pesticides. Elle a aussi rappelé que le bilan du Québec se comparait avantageusement à celui des autres provinces et qu’il faudrait, pour continuer, aller au-delà du volet réglementaire si nous souhaitons collectivement réduire et améliorer l’utilisation des pesticides.

Parmi ses 35 recommandations, l’UPA avait insisté sur certaines mesures importantes qui ne se trouvent pas dans le rapport, notamment la rétribution des producteurs agricoles pour les biens et services environnementaux qu’ils rendent à la société, comme le font déjà plusieurs pays. Nous ne pouvons faire abstraction du contexte commercial extrêmement compétitif dans lequel l’agriculture québécoise évolue, ici face aux produits importés et ailleurs dans le monde. Rappelons que les mesures environnementales peuvent représenter un coût pour les producteurs qu’il est impossible de transférer aux marchés, tant à l’exportation que sur le marché domestique. Les attentes sociétales en matière de gestion des pesticides sont légitimes, mais il faut se donner une vision et un plan d’action avec un échéancier réaliste. La CAPERN n’aborde que timidement cet aspect important dans ses recommandations. 

Le gouvernement du Québec doit saisir la balle au bond et répondre aux attentes maintes fois exprimées par les producteurs dans son prochain discours sur le budget et dans le Plan d’agriculture durable qu’il doit présenter cette année, a conclu Marcel Groleau.