Longueuil, 19 August 2021 — La Ville de Montréal va de l’avant aujourd’hui avec une nouvelle règlementation sur les pesticides interdisant la vente et l’utilisation de plusieurs dizaines d’ingrédients actifs partout sur son territoire. Pour l’Union des producteurs agricoles (UPA), une exception aurait dû être prévue pour la zone (1 158 hectares) et les activités agricoles.

« Le questionnement des consommateurs sur les pesticides est tout à fait légitime et compréhensible. Il reste que l’usage de ces produits, en certaines circonstances et de façon prudente et raisonnée, est encore aujourd’hui une nécessité compte tenu des connaissances scientifiques actuelles. La Ville aurait donc dû prévoir une exception pour le secteur agricole. Plus d’une centaine de municipalités au Québec, incluant Laval, ont d’ailleurs limité l’interdiction au secteur résidentiel », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Soulignons que la règlementation proposée prévoit notamment une exception pour les terrains de golf. En quoi ce loisir est-il plus important, aux yeux de l’administration municipale, que la production de nourriture?

Les agriculteurs du Québec sont sensibles aux préoccupations de leurs concitoyens. C’est pourquoi ils adoptent des pratiques toujours plus durables et limitent au maximum leur recours aux pesticides. Dans ce cadre, l’heure est à l’investissement dans l’accompagnement et à la recherche pour lutter encore plus efficacement contre les ravageurs des cultures, et non à des gestes précipités dont le fondement est plus idéologique que scientifique. C’est pourquoi l’usage des pesticides à des fins agricoles devrait strictement relever des ministères de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, qui possèdent une véritable expertise en la matière.

« L’agriculture québécoise ne peut fonctionner de façon durable, pérenne et compétitive si chaque municipalité peut arbitrairement décider du coffre à outils des agriculteurs sur son territoire. Le gouvernement du Québec doit intervenir et assumer pleinement l’exclusivité de ses prérogatives législatives et règlementaires en matière de pesticides. Une règlementation à la pièce est inacceptable », a conclu Marcel Groleau.