Longueuil, 18 February 2022 — À la suite de la décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) qui a entériné la réduction des achats de 530 000 porcs québécois envisagée par Olymel à partir du 28 février, les Éleveurs de porcs du Québec et l’Union des producteurs agricoles s’unissent pour rappeler de nouveau les incohérences de cette décision.

Les deux organisations se tournent également vers le ministre de l’Agriculture du Québec, André Lamontagne, pour que le gouvernement mette en place un plan d’aide financière de transition pour soutenir les éleveurs concernés par cette décision.

Même si les Éleveurs de porcs du Québec ont pu sauver 220 000 porcs sur les 750 000 lors de l’annonce de cette coupure, la décision est un coup dur pour l’agriculture porcine de chez nous. Elle est d’autant plus difficile à comprendre que la RMAAQ, dans une décision rendue le 23 décembre dernier, a reconnu la priorité des porcs du Québec. Pour des raisons évidentes, les entreprises qui ne sont pas affiliées à Olymel sont particulièrement préoccupées et craignent d’être touchées davantage que celles qui ont un contrat d’approvisionnement avec l’entreprise.

Il y a cependant une lueur d’espoir pour les producteurs. Des mesures extraordinaires sont prises par les Éleveurs de porcs du Québec pour limiter au maximum les impacts négatifs de cette réduction des achats et pour s’assurer que les producteurs concernés puissent continuer à livrer leurs porcs et recevoir le même prix hebdomadaire que les autres. Un programme de gestion des surplus est donc prévu. Les sites de production à retirer des assignations seront sous peu identifiés. Considérant ces événements, les Éleveurs entameront une opération de détournement des porcs à l’extérieur du Québec.

Les producteurs ne sont en rien responsables de la récente décision. Derrière ces entreprises, on trouve des familles passionnées d’agriculture qui ont participé pleinement aux succès de la filière porcine québécoise. Rappelons que le secteur génère des retombées économiques de plus de 3,36 G$ et emploie quelque 31 000 personnes. Tout en répondant à environ 80 % de la demande locale en porc frais, environ 70 % de la production porcine québécoise est destinée à l’international. La production porcine, au Québec, est un véritable fleuron et tous les acteurs doivent en assurer la survie.

« Les Éleveurs reconnaissent que la communication et la collaboration avec les acheteurs sont essentielles. Il est évident que nos points de vue diffèrent sur plusieurs sujets, mais nous devons tous avoir la même vision, soit celle de développer la filière porcine de manière pérenne et durable. Nous attendons la même chose de la part du ministre de l’Agriculture, qu’il réitère les valeurs nationalistes de son gouvernement et qu’il assume pleinement son rôle de leader. La situation touche des entreprises familiales de toutes les régions », estime David Duval, président des Éleveurs de porcs du Québec.

« Une réduction aussi substantielle d’achats québécois bouscule de façon significative et permanente l’avenir d’un nombre important d’éleveurs. La pérennité de ces entreprises, qui ne sont en rien responsables de la décision unilatérale d’Olymel, doit être assurée. Derrière ces fermes, on trouve des familles passionnées d’agriculture qui ont participé pleinement aux succès de la filière porcine québécoise. Leurs efforts pour continuer de nourrir leurs concitoyens doivent absolument être soutenus par la filière et les pouvoirs publics, car la solidarité, au-delà des bons coups, doit aussi s’exprimer en période difficile », ajoute Martin Caron, président général de l’Union de producteurs agricoles.

Source : Les Éleveurs de porcs du Québec
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