L’Union des producteurs agricoles se présente aujourd’hui devant la Commission parlementaire chargée d’analyser le phénomène de l’accaparement des terres pour y présenter son mémoire.

En voici un court extrait :

  • On ne peut attendre pour agir, car la ressource terre est limitée et on ne peut laisser la responsabilité de sa protection à des intérêts privés, entre les mains d’une poignée d’individus. On ne peut attendre pour agir, car chaque gouvernement doit prendre tous les moyens pour garantir à long terme la sécurité alimentaire de sa population.
  • On ne peut attendre pour agir, car le phénomène d’accaparement des terres n’est pas marginal au Québec et que les données les plus récentes démontrent qu’il s’accentue.
  • On ne peut attendre pour agir, car l’accaparement des terres agricoles pourrait avoir des conséquences irréversibles sur le modèle agricole québécois.

Nous demandons à très court terme au gouvernement de :

  • Dresser un portrait détaillé de la situation et instaurer un mécanisme de suivi des transactions.
  • Limiter à 100 hectares, pour une période de trois ans, la superficie que toute personne ou entité peut acquérir en une année à des fins autres que le transfert intergénérationnel. »

Dans le jargon des économistes et au sein des institutions de développement international, l’accaparement des terres agricoles, qui vient de l’expression anglaise « land grabbing », se définit comme l’acquisition controversée de grandes étendues de terres agricoles auprès des pays en développement par des sociétés privées, gouvernementales ou des fonds d’investissement.

Les terres agricoles sont un bien rare qui sert à la production d’un bien essentiel, la nourriture. Le phénomène d’accaparement des terres ne peut être pris à la légère. Le modèle agricole québécois, basé sur des entreprises familiales est efficace et conforme à des pratiques agricoles durables et pérennes. Cela est d’ailleurs confirmé à l’échelle planétaire, car selon la FAO, les exploitations agricoles familiales gèrent 75 % des terres agricoles et produisent 80 % des denrées alimentaires du monde entier. La concentration des surfaces agricoles aurait donc tendance à générer moins d’aliments. C’est avec cette vision, celle de l’intérêt général, et après plusieurs consultations auprès des producteurs agricoles, que l’Union se présente devant la commission parlementaire.