Longueuil, 23 novembre 2014 — L’Union des producteurs agricoles dénonce fortement les recommandations de la Commission de révision permanente des programmes, la complexité du secteur agricole ayant manifestement échappé à son analyse. On ne peut en effet comparer l’assurance stabilisation des revenus agricoles à une assurance accident. Rappelons que la Commission indique que les agriculteurs québécois reçoivent un soutien plus élevé que dans les autres pays développés, notamment en ce qui concerne les budgets actuellement dévolus à La Financière agricole du Québec (FADQ). Or, les plus récentes données démontrent que le soutien accordé aux agriculteurs québécois est plus bas que celui des pays de l’OCDE.

En 2013, en effet, sur 100 $ de recettes monétaires, les agriculteurs québécois ont reçu 6,60 $. Ce chiffre s’élève à 12 $ (plus du double) pour la moyenne des pays de l’OCDE (34 pays représentant 80 % de l’économie agricole) et dépasse les 30 $ pour des pays comme la Norvège, le Japon et la Suisse. Le soutien québécois est même plus bas que celui des États-Unis, qui dépasse les 7 $!

Compte tenu des risques élevés (climat, maladies, volatilité des prix, etc.) et pour des raisons de développement économique et de sécurité alimentaire, tous les pays développés apportent un soutien à leur agriculture. Le secteur agricole, en raison de tous ces risques, est très complexe et cette réalité n’a pas été prise en compte par la Commission.

Quant aux déficits passés à la FADQ, rappelons qu’ils ont été complètement éliminés en cinq ans et que les fonds ASRA ont été en grande partie remboursés par les agriculteurs et La Financière. Soulignons aussi que les budgets annuels de la FADQ, à l’époque, étaient insuffisants (305 millions $) pour mener à bien sa mission. Une réalité reconnue en novembre 2009 par l’ex?ministre de l’Agriculture, le regretté Claude Béchard, qui a augmenté le budget annuel à 600 M$.

La volatilité des prix et des marchés, les risques climatiques et les maladies sont inhérents au secteur agricole, et ce, partout dans le monde.

En contrepartie, l’agriculture joue un rôle économique de premier plan dans le développement du Québec et de ses régions. En 2013, l’agriculture et la transformation alimentaire ont, en effet, généré près de 200 000 emplois, soit un emploi sur 20 au Québec. Elles ont engendré plus de 17 G$ de PIB, représentant 5,9 % du PIB québécois. Elles ont aussi apporté plus de 4,5 G$ aux revenus des divers paliers de gouvernement.

Pour l’Union, il importe que l’exercice actuel d’assainissement des finances publiques ne s’attarde pas uniquement aux dépenses, mais également aux revenus. L’analyse de la Commission Robillard est de courte vue et ne représente qu’un simple exercice comptable. Le message qu’elle lance ce matin nuit au secteur agroalimentaire et compromet de façon importante la relance économique au Québec. D’autant plus que le gouvernement du Québec, plus tôt cette année, a mis en place un comité d’experts visant spécifiquement à revoir l’ensemble des programmes de la FADQ, comité auquel le monde agricole participe activement. Des recommandations sont d’ailleurs prévues au cours des prochains jours, après des mois de recherche et de travail.

Le gouvernement du Québec doit rapidement rectifier le tir. L’insécurité que créent de telles recommandations pourrait avoir des impacts désastreux sur les décisions d’investissement des producteurs agricoles. Il serait irresponsable de jouer ainsi avec l’économie du secteur et des régions du Québec.


Information

Patrice Juneau
Conseiller aux affaires publiques
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