Québec, 04 décembre 2014 — Le monde agricole se positionne en faveur de la création d’emploi, de la pérennité du secteur et de la protection des terres agricoles.

Le 90e Congrès général de l’Union des producteurs agricoles, qui s’est terminé aujourd’hui à Québec, a été l’occasion pour le monde agricole de faire le point sur les enjeux de l’heure et d’adopter des orientations déterminantes pour favoriser la création d’emploi, la pérennité du secteur et la protection des terres agricoles.

Rappelons que l’agriculture et la transformation alimentaire, premiers secteurs primaire et manufacturier au chapitre des emplois et des retombées économiques, jouent déjà un rôle de premier plan dans le développement du Québec et de ses régions. En 2013, ces secteurs ont généré près de 200 000 emplois, soit un emploi sur 20 au Québec. Ils ont aussi engendré plus de 17 G$ de PIB, représentant 5,9 % du PIB québécois, et apporté plus de 4,5 G$ aux revenus des divers paliers de gouvernement.

« Le secteur agroalimentaire affiche une performance qui se compare avantageusement aux autres secteurs économiques. Si l’État est au rendez-vous, c’est 25 000 emplois de plus qui peuvent être créés au cours des six prochaines années », a mentionné le président général de l’Union, Marcel Groleau.

Deux résolutions en particulier font foi de l’engagement des producteurs :

Non à l’accaparement des terres agricoles au Québec

  • CONSIDÉRANT qu’actuellement plusieurs fonds d’investissement privés achètent des terres agricoles;
  • CONSIDÉRANT que lors de son assermentation, le ministre de l’Agriculture a reçu le mandat de veiller au maintien des fermes familiales et à leur transfert à la prochaine génération, donc de veiller à ce qu’ils puissent demeurer propriétaires de leurs terres;
  • CONSIDÉRANT que le modèle d’investissement de ces fonds, visant un profit spéculatif, va déstructurer l’économie rurale, notamment en centralisant l’achat des intrants et des équipements;
  • CONSIDÉRANT que l’économie et le dynamisme des territoires ruraux dépendent en grande partie de la vivacité d’une agriculture avant tout familiale et de tous les secteurs qui gravitent autour;
  • CONSIDÉRANT que le pouvoir attractif de plusieurs MRC en région rurale dépend grandement de l’accessibilité aux terres agricoles, pour la relève et aux terres non agricoles pour les nouveaux résidents;
  • CONSIDÉRANT que la relève agricole n’a pas les moyens de concurrencer ces fonds pour l’achat de cet actif agricole pourtant essentiel à leur établissement et la rentabilité de leur entreprise;
  • CONSIDÉRANT que la perte progressive du contrôle des actifs de production par les agriculteurs, mais aussi par la société québécoise, compromet grandement la capacité du Québec à garder le contrôle sur son autonomie alimentaire;

Le Congrès général de l’Union demande au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) :

  • de proposer, après consultation de l’UPA, des mesures qui permettent de limiter le phénomène d’accaparement et de financiarisation des terres agricoles et d’assurer l’accès à la profession à la relève;
  • entre temps, de dresser un portrait détaillé et d’instaurer un mécanisme de suivi des transactions visant les terres agricoles;
  • et, pour une période de trois ans, de prendre des mesures pour limiter à 100 hectares la superficie que toute personne ou entité peut acquérir en une année excluant les transferts intergénérationnels;

Le Congrès général demande également à l’Union :

  • de consulter ses affiliés sur les mesures qui seront retenues pour limiter le phénomène de l’accaparement des terres.

 

Sécurité du revenu en agriculture

  • CONSIDÉRANT les retombées importantes de l’agriculture pour l’économie du Québec en matière d’emploi, de création de richesse et de commerce;
  • CONSIDÉRANT les risques élevés et incontournables auxquels font face quotidiennement les entreprises agricoles du Québec;
  • CONSIDÉRANT les investissements considérables que doivent réaliser les entreprises agricoles du Québec pour s’adapter à la compétition mondiale ainsi qu’aux normes sociétales de plus en plus exigeantes;
  • CONSIDÉRANT l’importance de conserver au Québec un potentiel et un savoir-faire agricoles afin d’assurer à la population un approvisionnement suffisant en aliments de qualité;
  • CONSIDÉRANT que les producteurs agricoles du Québec ont identifié assez clairement qu’ils ont besoin de programmes de sécurité du revenu efficaces et performants afin d’assurer la continuité et le développement futur de leurs entreprises;
  • CONSIDÉRANT que le soutien gouvernemental accordé à l’agriculture québécoise est inférieur à celui qui est accordé en moyenne dans les pays de l’OCDE;
  • CONSIDÉRANT la recommandation de la Commission de révision permanente des programmes (Robillard) de mettre fin au financement de l’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA);
  • CONSIDÉRANT que l’ASRA est l’un des principaux programmes assurant les revenus agricoles pour près de 12 000 entreprises qui produisent plus de 40 % des recettes de ce secteur au Québec;
  • CONSIDÉRANT que l’application de cette recommandation aurait des conséquences désastreuses pour des milliers d’entreprises agricoles, des répercussions négatives pour toutes les entreprises en amont et en aval et un impact sur l’ensemble de l’économie du Québec et de ses régions;

Le Congrès général de l’Union demande au gouvernement du Québec :

  • de maintenir le financement accordé à La Financière agricole à 600 M$ par année;
  • de maintenir le programme ASRA;
  • d’offrir à tous les producteurs des programmes de sécurité du revenu plus efficaces et plus performants afin d’assurer le développement de leurs entreprises.

« L’agriculture est un atout exceptionnel pour le Québec. Les producteurs agricoles créent des emplois, contribuent à la vitalité économique des régions et favorisent une occupation dynamique du territoire. Pour continuer dans cette voie, ils doivent pouvoir compter sur un soutien stable et des terres accessibles pour la relève », a ajouté M. Groleau, précisant que les problématiques sont identifiées et que les solutions sont à la portée de tous les intervenants concernés.

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Information : Patrice Juneau
Conseiller aux affaires publiques
Union des producteurs agricoles
514 702-8591