Québec, 02 décembre 2014 — Accaparement et financiarisation des terres agricoles: un modèle à l’encontre des la relève entrepreneuriale.

Le phénomène d’accaparement et de financiarisation des terres agricoles par des sociétés d’investissement prend de l’ampleur au Québec. Des dizaines de milliers d’hectares sont actuellement la propriété de sociétés comme Pangea, Investerre Inc. et Partenaires agricoles S.E.C., et la tendance s’accélère.

« Le modèle d’affaires proposé par les sociétés d’investissement est une coquille vide dans laquelle les jeunes n’ont aucune participation dans les actifs, seulement dans les risques d’opération »,

a déclaré le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

Rappelons que la crise financière de 2008 a généré les conditions pour une véritable ruée mondiale vers les terres agricoles, considérées comme une valeur refuge par les gestionnaires de fonds en temps de crise. Le Québec n’échappe pas à ce phénomène. On évalue que la majorité des transactions qui ne sont pas intergénérationnelles sont maintenant effectuées par des sociétés d’investissement. Les producteurs se font de plus en plus damer le pion et la relève entrepreneuriale non apparentée (non familiale) ne peut pas compétitionner avec ces sociétés d’investissement. De plus en plus d’exemples sont portés à l’attention de l’Union.

« Il ne faudrait que 300 investisseurs possédant 10 000 hectares chacun pour que soient remplacées nos 30 000 fermes au Québec. Est-ce réellement ce que l’on veut? », a indiqué M. Groleau. « Les sociétés d’investissement se décrivent comme une planche de salut pour les jeunes de la relève. En réalité, ces sociétés, par leurs investissements spéculatifs, représentent une concurrence déloyale qui déstabilisent le marché et freinent l’établissement », a continué le président de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), Pascal Hudon, ajoutant que la pétition contre l’accaparement des terres, mise en ligne récemment par la Fédération, a déjà recueilli près de 2400 signatures.

Pour l’Union et la FRAQ, le Québec ne peut plus remettre à plus tard ses interventions pour freiner l’appétit des sociétés d’investissement. Le gouvernement du Québec doit se donner les moyens de connaître la situation et suivre la tendance. C’est pourquoi des mesures intérimaires sont requises pour une période de trois ans pendant laquelle l’acquisition de terres par entreprises ou par actionnaires de plusieurs entreprises serait d’un maximum de 100 hectares par année. Les transferts de fermes à la relève agricole seraient exemptés de cette mesure. Cela permettrait au gouvernement de faire une véritable analyse et d’arriver avec des solutions globales, non seulement à l’accaparement des terres, mais aussi à l’accès à la profession pour la relève entrepreneuriale.

« À son assermentation, le premier ministre a demandé au ministre de l’Agriculture de trouver des solutions à cette problématique. Huit mois plus tard, le ministre nous dit de lui rapporter les faits alors que c’est son ministère qui a l’information et la marge de manœuvre pour agir »,

a conclu M. Groleau.

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Information
Patrice Juneau
Conseiller aux affaires publiques, UPA
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Magali Delorimier
Directrice générale, FRAQ
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