Longueuil, 13 février 2015 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) prend acte des nouvelles consultations sur la relève agricole, tel qu’annoncé ce matin par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. L’Union entend toutefois acheminer ses recommandations directement au ministre.

En effet, les problématiques existantes et les solutions préconisées par la relève agricole pour attirer et installer de façon pérenne davantage de jeunes en agriculture sont largement connues, telles que formulées à maintes reprises ces dernières années par la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) au sein de plusieurs instances, consultations et comités de travail (Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, Consultation sur la mise en marché collective, Livre vert, Politique de souveraineté alimentaire, etc.). Rappelons que la FRAQ représente l’ensemble des jeunes de 16 à 39 ans ayant comme intérêt commun l’agriculture, les conditions d’établissement et la valorisation de la profession d’agriculteur.

Les solutions identifiées par la FRAQ portent majoritairement sur un accès facilité à la terre, une Politique jeunesse renouvelée, un meilleur soutien à la formation et à l’accompagnement pour l’établissement, la valorisation de la profession, un nouveau programme d’accompagnement des cédants et des initiatives pour favoriser les transferts plutôt que les démantèlements. Les nombreux resserrements aux programmes québécois de gestion des risques, la difficulté d’accéder au crédit, la faible tolérance du monde financier pour les risques associés aux productions en émergence et le phénomène de financiarisation et d’accaparement des terres sont aussi identifiés comme des obstacles majeurs pour la relève. Le gouvernement du Québec possède déjà les pistes de solution les plus prometteuses et il est temps qu’il passe à l’action.

« Le rapport du groupe de travail sur la sécurité du revenu rendu public la semaine dernière amène aussi des solutions concrètes pour diminuer les risques en agriculture et donc favoriser l’établissement », a indiqué Marcel Groleau, président général de l’Union.

Soulignons également que la personne désignée par le ministre pour mener cette nouvelle consultation, M. Jean Pronovost, a formulé à maintes reprises des propositions qui vont à l’encontre de la mise en marché collective, comme il le faisait récemment en s’associant personnellement à un rapport de l’Union paysanne sur la gestion de l’offre. Comment espérer, dans ce contexte, l’analyse objective qu’un tel exercice commande? Pourtant, ces outils collectifs expliquent en très grande partie pourquoi le Québec affiche de meilleures statistiques qu’ailleurs au chapitre de la relève agricole. À témoin, le Québec présente le plus haut taux de renouvellement des générations au Canada (45 %), comparativement à 28 % en Ontario, 22 % dans les provinces maritimes et 19 % en Colombie-Britannique. Ajoutons que les producteurs agricoles québécois sont les plus jeunes au Canada et que les jeunes de la relève optent pour la production laitière ou avicole dans une proportion de près de 40 % en raison de la stabilité des secteurs sous gestion de l’offre et de la durabilité des entreprises.

Pour toutes ces raisons, l’Union des producteurs agricoles ne participera pas à l’exercice annoncé ce matin par le ministre, tout en lui offrant sa pleine et entière collaboration dans la mise en œuvre des solutions déjà identifiées et porteuses d’avenir.

 

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Information : Patrice Juneau
Conseiller aux affaires publiques
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