Longueuil, 30 novembre 2015 —  

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Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) et l’Union des producteurs agricoles (UPA), avec l’appui de La Coop fédérée, de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’Université Laval et du Mouvement Desjardins, publient ce matin dans plusieurs quotidiens québécois un plaidoyer en faveur d’une stratégie québécoise de l’agroalimentaire.

« La demande alimentaire est en forte croissance à l’échelle de la planète, propulsée par le développement social et économique, l’ouverture des marchés et l’explosion démographique. Le Québec doit se doter de sa propre stratégie agroalimentaire s’il souhaite assurer sa sécurité alimentaire et saisir toutes les opportunités que lui offrent ces perspectives », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

« En tant que premiers employeurs des secteurs primaire et manufacturier, l’agriculture et la transformation alimentaire doivent avoir leur place dans le Plan économique du gouvernement du Québec, comme c’est le cas en Ontario. Une stratégie gouvernementale pour le développement de l’agroalimentaire doit être élaborée et intégrée à ce Plan »

a déclaré la présidente du CTAQ, Sylvie Cloutier.

 

Dans un document transmis vendredi dernier au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le CTAQ et l’UPA vont  plus loin en formulant des propositions concrètes pour mettre en place cette stratégie. Ces propositions s’appuient sur un certain nombre de constats. Tout d’abord, une demande alimentaire en forte croissance à l’échelle de la planète. Pour nourrir 9 milliards d’individus dès 2050, la production d’aliments devra augmenter de 70 %. Cela représente une augmentation de 50 % de la production annuelle de céréales et de presque 100 % pour la viande. Pour profiter de ces opportunités exceptionnelles et assurer sa propre sécurité alimentaire, le Québec doit bouger.

Les propositions du CTAQ et de l’UPA s’appuient aussi sur des assises agroalimentaires solides. En 2014, l’agriculture et la transformation alimentaire ont en effet généré des ventes s’élevant respectivement à 8 G$ et 24 G$. Les deux secteurs combinés représentent 200 000 emplois directs et indirects au Québec (5,1 % des emplois), 11 G$ de PIB (5,9 % du PIB du Québec) et 4,5 G$ de dollars en revenus pour les différents paliers de gouvernement. Entre 2007 et 2014, les retombées de l’agroalimentaire ont même crû de façon plus importante que celles de l’ensemble de l’économie québécoise.

Pour Mme Cloutier et M. Groleau, « La stratégie québécoise de l’agroalimentaire devra stimuler l’investissement privé. Malgré l’importance de l’agriculture et de la transformation alimentaire, les investissements nécessaires pour adapter les entreprises aux défis de l’avenir sont insuffisants et inférieurs à ceux de nos principaux concurrents. Il faut aussi des mesures d’aide à la relève, tant en agriculture qu’en transformation, pour assurer l’établissement et le transfert des entreprises. La nouvelle stratégie devra aussi prévoir des investissements en recherche et développement. Les investissements actuels ne sont pas à la hauteur et sont même inférieurs à ceux réalisés en moyenne dans les autres secteurs d’activité. Des efforts importants sont donc requis ».

Finalement, la nouvelle stratégie québécoise de l’agroalimentaire devra favoriser le développement de la main-d’œuvre. L’agriculture et la transformation alimentaire sont aux prises avec une pénurie de main?d’œuvre, principalement de mars à novembre. La réforme de l’assurance-emploi, en 2013, a réduit le bassin de main-d’œuvre saisonnière. Celle au programme des travailleurs étrangers temporaires, en 2015, a quant à elle augmenté la difficulté d’embauche, autant en agriculture qu’en transformation.

« Nos propositions traduisent une ferme volonté dans l’industrie agroalimentaire d’assurer notre développement tout en participant aux objectifs de relance économique de nos gouvernants. Nous espérons que cette fois-ci, le message sera entendu », ont conclu Mme Cloutier et M. Groleau.