Longueuil, 30 juin 2016 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) dénonce très fortement l’abolition du programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) dans les secteurs du maïs, du soya et des pommes de terre.

« L’ASRA est un programme de partage des risques qui protège les entreprises contre la volatilité des prix des marchés. Les producteurs de soya, de maïs et de pommes de terre devront dorénavant assumer seuls ces risques. Alors que l’Europe s’interroger sur la performance des programmes d’autoassurance et qu’ils sont délaissés par les États-Unis, le Québec mise sur ce type de programme. Cette décision s’explique très mal et démontre que La Financière agricole du Québec et le ministère de l’Agriculture n’ont pas de vision à long terme sur le développement agricole»

a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.
Rappelons que la FADQ a demandé aux producteurs, ces derniers mois, de faire un choix définitif entre l’ASRA et les programme AGRI (Agri-Québec, un programme basé sur l’épargne par lequel les entreprises peuvent déposer annuellement un montant dans un compte et recevoir, en contrepartie, des contributions gouvernementales équivalentes, et Agri-Québec Plus, un programme qui apporte une aide financière complémentaire aux entreprises qui participent au programme Agri-stabilité et qui oeuvrent dans des secteurs hors ASRA et hors gestion de l’offre).

Par des votes majoritaires, de surcroit très serrés dans le secteur des grains, les producteurs de maïs, de soya et de pommes de terre ont choisi les programmes AGRI, car ils n’avaient pas réellement le choix. La FADQ a donc décidé, le mercredi 29 juin, d’abolir l’ASRA dans ces secteurs. Malheureusement, cette décision a été prise sans prendre en considération les conséquences pour les producteurs, qui assumeront maintenant tous les risques associés à la volatilité des marchés. L’abolition de l’ASRA entraînera aussi des conséquences pour la relève et le transfert des entreprises aux générations futures.

Par ailleurs, aucune évaluation d’impact n’a été réalisée par la FADQ au regard des disparités régionales. Les régions ont en effet vécu beaucoup plus difficilement le resserrement des programmes en 2010. La décision d’hier aura probablement un impact plus important sur les régions périphériques. C’est aussi ce qui explique que les producteurs étaient si partagés quant aux choix entre les deux programmes.

« Le gouvernement du Québec profite des conditions favorables actuelles sur les marchés pour abolir l’ASRA. Quand les prix vont baisser, comme ils le font toujours puisque c’est la réalité des marchés agricoles, les producteurs seront démunis et le gouvernement regrettera la décision qu’il vient de prendre. Nous avions pourtant proposé une cohabitation des deux programmes qui auraient à la fois maintenu un filet de sécurité pour les entreprises et soutenu les investissements. La décision du gouvernement est strictement budgétaire. C’est malheureux et improductif », a continué Marcel Groleau, soulignant que le Québec se prive de l’un de ses plus puissants leviers économiques : le secteur agricole.