Longueuil, 27 février 2018 — Le budget fédéral 2018-2019 n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes des entreprises agricoles du Québec et ne favorise pas l’atteinte de leur plein potentiel. À l’exception d’investissements modestes dans diverses mesures ciblées, le gouvernement canadien manque d’ambition pour son secteur agricole, au moment même où il élabore sa future politique alimentaire.

Lors des consultations prébudgétaires du Comité permanent des finances en juillet dernier, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a rappelé que l’agriculture québécoise pourrait hausser sa production de 30 % d’ici 2025, si les conditions sont réunies. Des investissements fédéraux sont toutefois nécessaires pour appuyer son développement et lui permettre de se conformer aux attentes des consommateurs.

Les mesures priorisées par l’UPA pour le budget fédéral 2018-2019 étaient les suivantes :

  • un soutien accru aux entreprises agricoles en gestion des risques;
  • des actions concrètes en ce qui concerne la taxe carbone et l’adaptation des entreprises aux changements climatiques et aux attentes sociétales;
  • un appui fiscal et financier soutenu pour la relève en agriculture.

L’UPA aurait aussi vu d’un bon œil un appui plus substantiel à l’exportation, le gouvernement canadien s’efforçant, par la négociation d’ententes commerciales, d’ouvrir de nouveaux marchés sur la scène internationale (Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, Partenariat transpacifique global et progressiste, etc.).

Rappelons que l’agriculture québécoise est un investissement rentable pour le gouvernement canadien. En 2015, elle a généré plus de 1 G$ en retombées fiscales, dont 432,3 M$ au fédéral. En ajoutant la transformation alimentaire, ces retombées représentent 4,63 G$, dont 1,6 G$ au gouvernement canadien. Pour chaque emploi direct, ces deux secteurs créent 1,6 emploi connexe. De même, pour chaque dollar découlant de l’agroalimentaire, environ un dollar de PIB est généré dans un autre secteur économique.

Les dépenses nettes du gouvernement fédéral pour le secteur agroalimentaire québécois sont évaluées à 347 M$ pour 2015-2016, tandis que les revenus fiscaux retirés sont estimés à 1,6 G$ pour 2015. C’est donc dire que le gouvernement fédéral récupère 4,70 $ pour chaque dollar qu’il investit. À l’heure où le gouvernement canadien cherche des solutions pour revenir à l’équilibre budgétaire, il devrait donc miser davantage sur le secteur agricole.