Victoriaville, 22 février 2018 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) accueille positivement la participation financière du gouvernement fédéral à la révision de la Norme biologique canadienne (NBC). Ce soutien ne couvre toutefois pas l’ensemble des coûts inhérents à cette démarche.

« Les montants accordés à l’Office des normes générales du Canada (ONGC) lui permettront d’étudier les recommandations de l’industrie. Les producteurs agricoles et les transformateurs alimentaires canadiens sont toutefois laissés à eux-mêmes pour tout ce qui vient en amont de cet exercice, même si cette étape leur est imposée », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Rappelons que la NBC balise les exigences que doivent respecter les producteurs et les transformateurs canadiens, assure la certification des produits, garantit aux consommateurs d’ici et d’ailleurs que les allégations sont véridiques et permet à nos entreprises d’accéder aux marchés internationaux. Or, les exigences gouvernementales prévoient une révision obligatoire de la NBC tous les cinq ans (d’ici 2020), faute de quoi elle deviendra caduque. Cette révision se fait en deux temps, c’est-à-dire :

  1. une vaste consultation obligatoire, coordonnée par la Fédération biologique du Canada, pour entendre les demandes des entreprises et du public. Une fois compilées, celles-ci doivent être analysées par des groupes de travail chargés de formuler des recommandations officielles (cette première partie du processus est une exigence du Conseil canadien des normes, mais il n’est pas pris en charge par l’ONGC ou Agriculture et Agroalimentaire Canada);
  2. l’étude des recommandations officielles par l’ONGC et la mise à jour de la NBC.

En demandant à l’industrie d’assumer les coûts de la consultation, le gouvernement canadien met en danger la viabilité du secteur biologique canadien, constitué en grande partie de très jeunes entreprises. C’est pourtant à l’État d’assurer l’intégrité des normes et de protéger les consommateurs. « Le gouvernement canadien met en péril l’existence même de la NBC ainsi que l’intégrité, la légitimité et la crédibilité des produits biologiques au Canada. Il doit donc prendre ses responsabilités et assurer un financement durable de chaque étape de la révision, actuelle et future, comme c’est le cas aux États-Unis et en Europe », a conclu M. Groleau.