Longueuil, 13 mars 2019 — Équiterre, la Fondation David Suzuki et l’Union des producteurs agricoles (UPA) demandent aux membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) la tenue d’une commission parlementaire sur les risques associés aux pesticides, qu’ils soient alimentaires, environnementaux ou autres, et sur les mesures à prendre pour en diminuer l’utilisation, notamment par des pratiques alternatives.

« Les préoccupations citoyennes, scientifiques et environnementales au regard des pesticides militent en faveur de la mise en place d’une commission parlementaire qui permettrait la tenue d’un vrai débat public et scientifique pour faire la lumière sur les impacts de ces produits », a déclaré le directeur général et cofondateur d’Équiterre, Sidney Ribaux.

« Une commission parlementaire permettrait d’éclairer l’ensemble des élus de l’Assemblée nationale sur les risques que l’utilisation de pesticides représente pour la population et nos écosystèmes. Il est grand temps de documenter le sujet à fond en ayant comme priorité la santé des citoyens, de nos terres et de nos eaux », affirme pour sa part Karel Mayrand, directeur de la Fondation David Suzuki au Québec.

« La tenue d’une commission parlementaire sur les pesticides favoriserait une compréhension commune des enjeux auxquels font face les producteurs. Elle viendrait aussi confirmer la légitimité de nos propositions en vue de l’adoption d’un réel plan vert agricole, en concertation avec les agriculteurs, les ministères concernés et les intervenants du milieu », a complété le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Pour les trois organisations, les préoccupations concernant les pesticides militent d’ores et déjà en faveur :

  • d’une plus grande implication du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec dans l’accompagnement des producteurs et au sein des clubs-conseils en agroenvironnement;
  • d’une augmentation significative des budgets dévolus à la recherche indépendante sur l’impact de ces produits, le développement de meilleures pratiques et l’identification d’alternatives efficaces et viables d’un point de vue agronomique et économique;
  • la mise en place d’une rétribution des biens et services environnementaux afin de reconnaître la contribution des agriculteurs et de soutenir financièrement leurs efforts, tout en faisant bénéficier l’ensemble de la société d’une contrepartie environnementale significative;
  • d’un soutien et d’une promotion adéquate de la production biologique, qui connaît un essor sans précédent ces dernières années et dont les retombées économiques, environnementales et sanitaires ont le potentiel d’être encore plus importantes.

Une éventuelle commission parlementaire devra aussi se questionner sur le type d’accompagnement des producteurs en ce qui a trait à l’utilisation des pesticides. À ce compte, les trois organisations considèrent que le gouvernement du Québec doit impérativement assurer la disponibilité de services-conseils neutres partout sur le territoire québécois et financer entièrement leurs activités.