Longueuil, 17 juin 2020 — La Table horticole de l’Union des producteurs agricoles (UPA), composée des organisations représentant les principales productions fruitières, maraîchères et serricoles, voit de façon positive les conclusions de trois rapports du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) sur les résultats de son plan de surveillance des résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais issus de la culture conventionnelle (2017-2018 et 2018-2019) et biologique (2016-2019).

« Les résultats démontrent que les fruits et légumes du Québec affichent des taux de conformité très élevés et supérieurs aux produits importés, ce qui confirme que les pesticides sont utilisés correctement et selon les directives par les producteurs agricoles québécois », a déclaré le président général de l’UPA et président de la Table, Marcel Groleau.

Les rapports dénotent un taux de conformité global élevé pour les fruits et légumes québécois issus de la culture conventionnelle (97,4 % en 2017-2018; 98,3 % en 2018-2019) et biologique (98,6 % en 2016-2019). Dans la grande majorité des cas, les concentrations de pesticides retrouvées, tous fruits et légumes confondus, sont très largement en dessous du seuil maximal permis par Santé Canada.

À ce chapitre, rappelons que les bonnes pratiques agricoles se développent de plus en plus et démontrent leur efficacité. Les producteurs maraîchers, fruitiers et céréaliers ont déployé de nombreux efforts au fil des ans pour réduire l’usage des pesticides et adopter des méthodes alternatives. Le bilan des ventes de pesticides publié ce printemps par le ministère de l’Environnement présente aussi des résultats encourageants et milite en ce sens. À témoin, la quantité de pesticides appliquée à l’hectare a diminué de 43 % entre 2014 et 2018, ce qui représente un des indices de pression les plus faibles dans le monde.

Malgré ces efforts, et à la lumière des connaissances agronomiques et scientifiques actuelles, la protection des cultures contre les ravageurs demeure un enjeu important pour tous les producteurs. Des investissements additionnels sont requis en recherche et développement pour trouver des solutions alternatives, efficaces et rentables.

La conversion au biologique est une alternative intéressante pour plusieurs et il faut continuer de l’appuyer. Le Québec est d’ailleurs le leader canadien en la matière, tant au niveau des superficies cultivées que du nombre d’entreprises. Le soutien à la production biologique, plus particulièrement à la transition vers ce mode de production, est certainement une voie à privilégier pour répondre à ce marché en croissance.

Le réchauffement climatique fait déjà sentir ses effets en matière de protection des cultures. De nouveaux insectes sont présents sur notre territoire, alors que d’autres profitent de meilleures conditions pour se reproduire. Des investissements majeurs en recherche et développement face à ces nouveaux défis et en réponse aux attentes des citoyens sont attendus par les producteurs agricoles du Québec. Le Plan vert agricole demandé par l’UPA va en ce sens et suggère même la rémunération des biens et services environnementaux rendus par les producteurs agricoles, pour les encourager à adopter les meilleures pratiques. Le Plan d’agriculture durable du MAPAQ (discours sur le budget 2020-2021 – 125 M$ sur 5 ans) fait suite à cette demande. Les détails de ce plan sont très attendus.

« Les producteurs agricoles doivent être au cœur de la stratégie agroenvironnementale pour obtenir des changements durables et répondre aux attentes sociétales. Ils doivent avoir accès à des services techniques et professionnels à la fine pointe des connaissances pour poursuivre le chemin parcouru », a conclu Marcel Groleau.