Longueuil, 27 novembre 2020 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) est satisfaite des orientations retenues aujourd’hui à la réunion des ministres de l’Agriculture du Canada, plus particulièrement en ce qui concerne les frais exorbitants imposés par certains grands détaillants et les programmes de gestion des risques d’entreprise (GRE).

Rappelons que plusieurs grands distributeurs alimentaires, tels Walmart Canada, United Grocers (Metro, Super C, etc.) et le Groupe Loblaw (Maxi, Provigo, etc.), ont annoncé à leurs fournisseurs ces derniers mois une série de frais et de pénalités qui ont amplifié l’inquiétude du milieu agroalimentaire quant à leur rapport de force avec les détaillants.

« Le milieu agroalimentaire vit depuis longtemps ce type de situation préjudiciable. Les transformateurs alimentaires canadiens et, par conséquent, les producteurs agricoles ont littéralement perdu la capacité de négocier des prix justes pour leurs produits », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Avec plus de 80 % des achats alimentaires au pays, Loblaw-Provigo, Sobeys-IGA, Metro, Walmart et Costco ont un pouvoir incroyable sur la filière agroalimentaire canadienne et ne se gênent pas pour l’imposer. Face à cette situation préoccupante, la ministre canadienne de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, et le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, coprésideront un comité pancanadien examinant les pratiques des détaillants et des distributeurs. Ce comité définira des pistes de solution et déposera son rapport au mois de juillet 2021. À ce chapitre, l’UPA salue l’initiative du ministre Lamontagne, qui a soulevé et défendu cet enjeu auprès de ses homologues fédéral, provinciaux et territoriaux.

Programmes fédéraux de GRE

Les programmes fédéraux de GRE (Agri-stabilité, Agri-investissement et Agri-protection) sont censés permettre aux entreprises agricoles de gérer les risques climatiques (aléas météorologiques imprévisibles), phytosanitaires (maladies des cultures ou animales) et commerciaux (instabilité des marchés) qui mettent en péril leur rentabilité. À l’heure actuelle, tant les budgets alloués que les paramètres des programmes de GRE ne permettent pas de couvrir adéquatement ces risques. Même si la proposition fédérale au regard d’Agri-stabilité est imparfaite, l’Union est tout de même encouragée par le sérieux des discussions et continuera de participer activement au débat.

« Les agriculteurs et les agricultrices ne peuvent pas continuer d’assumer seuls la pression exercée par les conflits commerciaux, les ententes internationales, l’importation massive d’aliments étrangers, les changements climatiques, les attentes sociétales et les maladies des cultures et des troupeaux. Ils doivent pouvoir compter sur des programmes de GRE fiables, performants et financés adéquatement », a conclu Marcel Groleau.