Longueuil, 28 avril 2021 — L’Union des producteurs agricoles (UPA) est consciente de l’influence et du rôle de l’industrie des pesticides et des fertilisants, tels que décrits par l’agronome Louis Robert. Les ventes combinées de pesticides et de fertilisants dans le monde chaque année sont énormes. Au Québec seulement, ces ventes représentent près de 500 M$ et au Canada, de plus de 5 G$. Les producteurs agricoles du Québec ont été aux premières loges du désengagement de l’État en matière d’accompagnement des producteurs agricoles. Heureusement, nous assistons présentement à un redressement de cette situation, mais encore en deçà des besoins réels.

« Le désengagement de l’État dans l’accompagnement des producteurs en matière environnementale a favorisé une influence accrue de l’industrie des pesticides et des fertilisants dans toutes les sphères agricoles. L’UPA revendique et défend depuis plus de trente ans l’offre de services-conseils non liés à l’industrie. Les clubs agroenvironnementaux sont nés de cette mobilisation des producteurs et ils ont fait un travail de pionniers auprès d’eux en matière d’agroenvironnement. Encore aujourd’hui, plus de 6 000 fermes en sont membres », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

L’UPA, très consciente des attentes des citoyens, réclame depuis plusieurs années un réinvestissement majeur en agroenvironnement. L’Union a même demandé, avec Équiterre, la tenue d’une commission parlementaire sur l’usage des pesticides au Québec et soutenu que leur vente devait être dissociée des services-conseils offerts par les agronomes. Avant même la tenue de cette commission, l’UPA faisait la promotion d’un Plan vert agricole.

Ce Plan, proposé par l’Union il y a maintenant 3 ans, prévoyait notamment un réinvestissement de 600 M$ sur dix ans avec comme objectif la réduction de l’usage des pesticides par l’adoption de pratiques plus durables, un meilleur accompagnement des producteurs pour le transfert des connaissances, un soutien accru au secteur biologique, des investissements supplémentaires en recherche ainsi qu’une rétribution des producteurs pour l’adoption des bonnes pratiques agricoles. Le Plan d’agriculture durable du gouvernement québécois, dévoilé en octobre 2020, s’appuie d’ailleurs sur plusieurs constats et recommandations de l’Union. Pour aller plus loin, il faudra toutefois privilégier davantage d’accompagnement en matière de gestion des risques, ce qui accentuerait encore plus le virage constaté ces dernières années.

« Les producteurs agricoles du Québec sont de plus en plus critiques et conscients des risques associés aux pesticides et à la surfertilisation. Le travail doit se poursuivre et les producteurs agricoles, qui doivent assumer les décisions qu’ils prennent sur leurs fermes, doivent être au cœur de la stratégie agroenvironnementale du gouvernement. Avec les changements climatiques, la lutte aux ravageurs des cultures est un défi de plus en plus grand. Cela ne doit pas être laissé entre les mains de l’industrie », a conclu M. Groleau.