Québec, 30 novembre 2021 — « Dans un contexte où l’engouement citoyen pour les aliments de chez nous et la nécessité d’un système alimentaire plus durable à l’échelle de la planète sont de plus en plus à l’avant-scène, l’agriculture québécoise n’a jamais été aussi présente et dynamique sur les marchés nationaux et internationaux », a déclaré le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, dans le cadre du Congrès général 2021 de l’organisation qui a débuté aujourd’hui et qui se poursuit jusqu’à jeudi, à Québec, sous le thème Nourrir l’humanité durablement.

Malgré les perturbations, les exigences et les contraintes engendrées par la COVID-19, les recettes monétaires agricoles québécoises totales ont atteint un niveau record de 10,3 G$ en 2020 et pourraient dépasser 11 G$ en 2021, selon l’Agro-indicateur 2021 de La Financière agricole du Québec. Les agricultrices et les agriculteurs du Québec font quand même face à des enjeux importants.

« La forte concentration dans le secteur de la transformation, notamment dans le secteur des viandes, ainsi que le pouvoir exercé par les grands détaillants alimentaires au Québec sur les producteurs, les transformateurs alimentaires et les fournisseurs m’inquiètent beaucoup. Quelle sera la place de l’agriculture familiale, celle qui habite le territoire, dans cet environnement où les forces en présence sont tout à fait disproportionnées? J’espère que les travaux pour développer un code des bonnes pratiques entre les maillons de la filière alimentaire corrigeront en partie la situation. La Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche est également un outil à la disponibilité des producteurs agricoles pour équilibrer les rapports de force dans la filière. On doit utiliser toutes les avenues et opportunités que nous offre cette loi unique », a indiqué Marcel Groleau.

Le président de l’Union a aussi fait référence, dans son allocution, aux attentes croissantes des consommateurs d’ici et d’ailleurs dans le monde. Répondre à ces attentes nécessite des investissements importants au regard, notamment, de l’agroenvironnement, du bien-être animal et de la réduction des GES.

« Le soutien gouvernemental canadien en agroenvironnement est moins élevé que celui de nos principaux compétiteurs internationaux. Pourtant, les attentes sociétales sont de plus en plus fortes. Le gouvernement canadien doit en faire plus, d’autant plus que la plupart des pratiques agricoles bénéfiques pour l’environnement et la société entraînent des coûts qu’il est impossible de transférer aux marchés, ce qui constitue un risque supplémentaire pour nos entreprises agricoles », a continué M. Groleau.

L’accès aux terres agricoles est un autre enjeu majeur pour les agricultrices et les agriculteurs. Malgré les amendements à venir, le projet de loi 103 du gouvernement du Québec n’apporte pas de solution à cet enjeu, qui n’en est pas un de morcellement des terres agricoles. La valeur moyenne des terres en cultures a presque triplé ces dix dernières années. L’accès aux terres agricoles ne pourra plus passer uniquement par l’accès à la propriété dans l’avenir. Il y a déjà des milliers de petits lots en zone agricole qui ne sont pas cultivés, alors que la Commission de protection du territoire agricole du Québec, dans une analyse présentée en 2017, indiquait que le morcellement faisait augmenter la valeur des terres; rien pour vraiment aider la relève.

« Alors que certains accaparent de plus en plus de terres agricoles, d’autres abandonnent simplement la culture des lots qu’ils ont acquis après y avoir construit une somptueuse résidence. Avant de faciliter encore plus le morcellement, une réflexion beaucoup plus importante s’impose sur la protection des terres agricoles et l’accès à ces terres pour la pratique de l’agriculture », a ajouté le président général de l’UPA.

Au terme de ses dix ans à la présidence générale de l’organisation, M. Groleau est toutefois confiant en l’avenir. « L’Union des producteurs agricoles est une grande organisation. Elle a contribué aux grands débats de la société depuis bientôt cent ans. J’ai un énorme respect pour tous les producteurs et productrices agricoles du Québec. Je remercie tous ceux ou celles qui m’ont accompagné durant mon engagement syndical agricole. Tant que nous allons unir nos forces, je suis confiant pour l’avenir de notre agriculture », a-t-il conclu.