page-sans-sidebar.php
L'autonomie alimentaire, ça se cultive ensemble! Élections fédérales 2021
L’autonomie alimentaire est un projet de société fortement mobilisant qui suscite l’adhésion d’une très grande majorité de citoyens, surtout depuis la pandémie. De par leur proximité et leur incidence sur le quotidien des citoyens, les administrations municipales doivent donner suite à cette engouement populaire, clairement exprimé lors du Dialogue sur l’autonomie alimentaire en 2020, en favorisant la compétitivité des entreprises agricoles et forestières de chez nous.
 

Lancement de la campagne électorale

Les gouvernements municipaux ont une incidence unique, concrète et sans équivoque sur le quotidien des citoyens. Cette proximité se traduit par un amalgame d’enjeux souvent très locaux, mais qui s’appuient fréquemment sur des réalités partagées par l’ensemble des collectivités au Québec. L’Union des producteurs agricoles entend donc, tout au long des élections municipales, traiter des défis inhérents au maintien et au développement d’une agriculture moderne, durable et pérenne.
 
Marcel Groleau, président général, Martin Caron premier vice-président et Paul Doyon deuxième vice-président de l’Union des producteurs agricoles du Québec, mettent de l’avant les principaux enjeux du secteur agricole et forestier pour la campagne municipale 2021.
 

 
Lire le communiqué : Élections municipales 2021
Consulter le document : Élections municipales 2021 : une occasion en or d’interpeller les candidats et les électeurs

  Reconnaître, protéger et promouvoir l’agriculture et l’autonomie alimentaire

La crise sanitaire a ravivé le débat sur l’autonomie alimentaire partout sur la planète. Le Québec n’a pas échappé à cette grande discussion, même si la situation chez nous se compare avantageusement à celle d’autres pays. La nécessité d’assurer le maintien d’une agriculture résiliente et compétitive, de favoriser l’achat local et de combler au maximum nos besoins alimentaires fait consensus plus que jamais, comme l’ont démontré les conclusions du Dialogue sur l’autonomie alimentaire, une initiative de l’UPA et de l’Institut du Nouveau Monde tenue en 2020. Les municipalités peuvent et doivent participer activement à l’atteinte de cet objectif.

Nos préoccupations

Rappelons que l’autonomie alimentaire signifie bien sûr subvenir aux besoins alimentaires de nos concitoyens, maintenir la diversité de l’offre et permettre à tous un accès facile et abordable à des aliments de qualité, produits de façon durable et répondant aux attentes croissantes des consommateurs. Mais elle commande aussi la recherche constante d’opportunités sur tous les marchés, y compris internationaux. La véritable autonomie repose sur le développement du plein potentiel de notre agriculture, dans chaque localité et dans chaque coin de pays, ici comme ailleurs dans le monde.

 

Soulignons que l’agriculture et la foresterie façonnent le visage des régions à la fois sur les plans géographique, communautaire et économique. Les quelque 40 000 agriculteurs du Québec exploitent près de 28 000 entreprises, majoritairement familiales, procurent de l’emploi à près de 60 000 personnes et ont généré, en 2020, des recettes monétaires de plus de 10 G$. Les 30 000 producteurs forestiers récoltent quant à eux de la matière ligneuse pour une valeur annuelle de plus de 350 M$ générant un chiffre d’affaires de 2,5 G$ par la transformation de leur bois.

Nos demandes

Les municipalités doivent reconnaître, protéger et promouvoir l’apport économique et sociétal de l’agriculture et de la foresterie privée tout en intégrant vigoureusement ces deux secteurs stratégiques dans leurs initiatives de développement.

 
Lire le communiqué : Élections municipales 2021 : les agricultrices et les agriculteurs doivent être au cœur des discussions
 

  Reconnaître, protéger et promouvoir la contribution inestimable de l’agriculture et la foresterie privée

L’agriculture est à la base de tout système alimentaire. Ici comme ailleurs, elle est avantagée ou limitée, selon le cas, par les réalités géographiques et climatiques territoriales. Comparativement à diverses puissances agricoles, comme les États-Unis et le Brésil, le climat québécois est caractérisé par sa nordicité et ces courts étés.

Outre leur situation climatique, les producteurs agricoles et forestiers de chez nous doivent respecter un très grand nombre d’exigences réglementaires, souvent plus sévères qu’ailleurs, dans tous les aspects de leur pratique (lutte contre les ravageurs, bien-être animal, gestion des zones inondables, des rives et du littoral, protection des milieux humides, encadrement d’activités en fonction de leur incidence sur l’environnement, etc.).

Les producteurs évoluent aussi dans un environnement toujours plus compétitif, alors que le soutien gouvernemental est moindre que celui de leurs principaux compétiteurs internationaux. Les risques inhérents à l’agriculture sont croissants, les prix fluctuent de plus en plus, les conflits commerciaux ciblent les denrées agricoles et nous constatons maintenant les effets des changements climatiques, qui se font de plus en plus sentir.

Nos préoccupations

Malgré ces difficultés, l’agriculture et la foresterie s’inscrivent au cœur du développement régional et du tissu rural québécois. Elles façonnent le visage des régions à la fois sur les plans géographique, communautaire et économique. Les quelque 40 000 agriculteurs du Québec exploitent près de 28 000 entreprises, majoritairement familiales, procurent de l’emploi à près de 60 000 personnes et ont généré, en 2020, des recettes monétaires de plus de 10 G$. Les 30 000 producteurs forestiers récoltent quant à eux de la matière ligneuse pour une valeur annuelle de plus de 350 M$ générant un chiffre d’affaires de 2,5 G$ par la transformation de leur bois.

Ces retombées sont toutefois conditionnelles à la protection de notre garde-manger. Or, malgré la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, la zone verte est encore considérée par plusieurs comme un espace en attente de développement. L’étalement urbain et l’intolérance de plusieurs citoyens repoussent toujours plus loin la pratique de l’agriculture. La densification des milieux urbains doit être priorisée à tout prix.

La zone cultivable ne représente que 2 % du territoire québécois (58 % en France; 45 % aux États-Unis). Or, au Québec ces cinq dernières années, près de 10 000 hectares de la zone agricole ont été sacrifiés à d’autres usages que l’agriculture. La protection et la préservation des terres et des activités agricoles doivent être des priorités. C’est une question vitale pour notre sécurité alimentaire et les générations futures en raison, notamment, de la rareté de cette ressource que sont les terres arables et les risques que représente le réchauffement climatique.

Nos demandes

L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande aux municipalités québécoises de protéger davantage la zone et les activités agricoles, d’aider les entreprises agricoles et forestières à s’épanouir et de favoriser l’établissement de la relève.

 
Lire le communiqué : Élections municipales 2021 : les municipalités doivent reconnaître, protéger et promouvoir la contribution inestimable de l’agriculture et la foresterie privée

  L’urbanisme et l’aménagement : des enjeux essentiels à la pérennité du secteur agricole

L’appétit citoyen pour une transformation des pratiques d’aménagement est plus fort que jamais, plus particulièrement en ce qui concerne la protection du territoire et des activités agricoles et forestières. Il appartient maintenant au gouvernement d’intégrer dans la future Stratégie cette préoccupation déterminante et consensuelle. Le territoire agricole québécois doit être vu comme une ressource vitale et stratégique, et non comme une zone en attente de développement, comme c’est trop souvent le cas actuellement. Les municipalités québécoises doivent participer au renforcement de nos systèmes alimentaires et contribuer à rendre notre production agricole encore plus résiliente.

Nos préoccupations

Rappelons que le gouvernement du Québec a lancé en début d’année une grande « conversation nationale sur l’aménagement du territoire » en vue de l’adoption, dès l’an prochain, d’une toute première Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires. Cette consultation a pris fin le 17 septembre dernier.

La SNUAT aborde plusieurs grands thèmes et le milieu agricole a besoin de l’appui des élus municipaux pour assurer son avenir. Ces thèmes englobent notamment la gouvernance, la croissance urbaine, les milieux de vie, la ruralité, les finances et la fiscalité.

Gouvernance

  • L’État doit donner l’exemple et prendre en compte l’ensemble des répercussions de ses projets (ex. : implantation d’infrastructures de transport, localisation des maisons des aînés) et des autorisations sur le territoire (ex. : éviter un cas comme celui du schéma d’aménagement et de développement (SAD) Montcalm).
  • Il doit cesser de prendre des décisions à la pièce, en l’occurrence par l’adoption de décrets, ce qui permettrait d’éviter d’autres mauvaises décisions comme ce fut le cas pour le projet de l’hôpital de Vaudreuil-Soulanges.
  • Le SAD doit devenir un document phare pour les MRC et leurs municipalités, de façon à éviter la multiplication des règlements (ex. : bandes riveraines, pesticides, etc.) et des documents sectoriels (plans régionaux des milieux humides et hydriques, plans de développement de communauté nourricière, etc.).

Croissance urbaine

  • Le contrôle des périmètres d’urbanisation doit être renforcé en améliorant notamment les pratiques en matière d’aménagement.
  • L’étalement urbain (diffusion ou agrandissement) est un fléau auquel il faut s’attaquer. Tous les dispositifs administratifs, légaux ou réglementaires qui favorisent cette problématique doivent être revus en fonction de ces deux phénomènes.
  • Il est nécessaire de densifier le territoire afin de réduire la pression sur les milieux non urbanisés.

Milieux de vie

  • Il faut miser sur le développement de quartiers dynamiques, mixtes et plus denses dans les zones urbanisées afin de réduire la pression sur les territoires non urbanisés.
  • Le développement du territoire doit tendre vers un principe de zéro artificialisation, afin de limiter l’étalement de l’habitat humain sur le territoire. Ceci aurait pour effet de réduire la pression tant sur les milieux agricoles et forestiers que sur les milieux naturels.

Ruralité

  • L’agriculture et la foresterie sont les deux principales activités économiques dans la majorité des milieux ruraux. Dans une perspective d’autonomie alimentaire, il est impératif d’assurer leur maintien, leur développement ainsi que l’entretien des infrastructures qui leur sont nécessaires (routes, cours d’eau, etc.).
  • Les conflits de cohabitation émergent lorsqu’on multiplie les usages non agricoles en zone agricole. Il faut mieux encadrer l’urbanisation diffuse du territoire afin d’éviter ces conflits.

Finances et fiscalité

  • Il est impératif de mettre en place des mécanismes permettant de minimiser la compétition entre les territoires. Ce phénomène nuit à l’atteinte d’un aménagement du territoire cohérent et responsable. Des mécanismes de péréquation doivent être envisagés.
  • Des programmes comme ceux de la Communauté métropolitaine de Montréal, qui compensent financièrement les municipalités rurales qui ne peuvent s’étendre parce qu’elles sont entourées de terres agricoles, doivent être généralisés à la grandeur du Québec.
Nos demandes

L’Union des producteurs agricoles (UPA) sollicite l’appui des municipalités québécoises en matière d’aménagement et d’urbanisme, plus spécifiquement en ce qui concerne la future Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires (SNUAT).

 
Lire le communiqué : Élections municipales 2021 : l’UPA sollicite l’appui des municipalités en matière d’aménagement et d’urbanisme

  La lutte contre les ennemis des cultures : un enjeu réel

Environ 150 municipalités québécoises encadrent l’usage des pesticides sur leur territoire. De façon générale, ces règlements prévoient une exception pour les activités agricoles et ne visent que leur utilisation sur les terrains résidentiels et les terrains de golf. Il est impératif qu’une telle exception soit maintenue dans toutes les municipalités concernées.

Nos préoccupations

Rappelons que les pesticides sont déjà très fortement encadrés par les gouvernements fédéral et provincial. Chaque produit vendu au pays doit être homologué par Santé Canada. Sa vente et son utilisation sont régies par la Loi sur les pesticides et ses règlements du Québec. La réglementation québécoise est déjà l’une des plus sévères et contraignantes au monde et le projet de loi 102, déposé le 5 octobre dernier, resserre encore plus le recours à ces produits. L’usage des pesticides à des fins agricoles devrait d’ailleurs relever exclusivement des ministères de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, qui possèdent une véritable expertise en la matière.

Ajoutons que le questionnement des consommateurs sur les pesticides est tout à fait légitime et les agriculteurs sont sensibles à cette préoccupation. C’est pourquoi ils adoptent des pratiques toujours plus durables, au gré de l’évolution des connaissances agronomiques et scientifiques en la matière, et limitent au maximum leur recours aux pesticides. Il reste qu’actuellement et en certaines circonstances, l’absence de solutions de rechange rentables et efficaces à la lutte contre la majorité des ennemis des cultures rend inévitable le recours à ces produits pour répondre, notamment, aux nombreux critères d’innocuité et de salubrité.

Pour l’UPA, l’ajout d’une réglementation municipale en matière de pesticides en zone agricole imposerait aux agriculteurs un encadrement supplémentaire et complexe et nuirait à toute la production agricole, partout au Québec. Les municipalités qui décident d’aller tout de même de l’avant doivent impérativement exclure la zone agricole et les terrains consacrés à cette activité, comme c’est le cas à Laval.

Nos demandes

L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande aux municipalités québécoises de ne pas adopter une réglementation plus contraignante que celle déjà imposée par les gouvernements fédéral et provincial en matière de pesticides en zone agricole.

 
Lire le communiqué : Élections municipales 2021 : une réglementation à la pièce en matière de pesticides est inacceptable
 

L’U : revue syndicale de l’Union

Pour y voir plus clair dans les enjeux agricoles et forestiers de la campagne municipale 2021, lisez le  grand dossier de septembre de la revue L’U : Parlons d’agriculture!