C’est sous le signe de la nouvelle image de l’Union que s’est déroulée la Journée de la rentrée, le 22 août dernier à Lévis, à laquelle étaient conviés les conseils exécutifs des groupes affiliés ainsi que les principaux permanents. Véritable coup d’envoi de toutes les activités de l’automne, cette rencontre a donné lieu à des échanges intéressants sur nos gains et réalisations depuis le Congrès de décembre dernier, les dossiers de l’heure, ainsi que l’actuelle démarche « À la rencontre des producteurs ».

Parmi les gains et réalisations les plus marquants, il faut rappeler l’adoption de mesures pour pallier les coupes fédérales dans les programmes de gestion des risques. L’Union avait entamé des pourparlers avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) dès l’annonce de ces coupes en 2013 pour que La Financière agricole du Québec offre aux producteurs des outils permettant de combler une partie du manque à gagner.

Le projet de Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection est un autre dossier qui a beaucoup évolué à la suite de nos représentations. La version adoptée cet été est ainsi davantage adaptée à la réalité agricole. Les démarches de l’Union ont aussi porté fruit dans le dossier de la fiscalité agricole. À partir de 2015, le critère du minimum de 8 $ de revenu brut par 100 $ d’évaluation foncière passera ainsi à 5 $. Un mécanisme de calcul spécifique sera aussi utilisé dès cette année pour les entreprises en secteur périurbain.

Qu’il s’agisse du dépôt d’un projet de loi établissant des règles de relations du travail adaptées aux petites exploitations agricoles, de l’amélioration des mesures de contrôle des importations de fromage, notamment les « kits à pizza », ou de l’amélioration du Programme de remboursement des taxes foncières pour les producteurs forestiers, ces exemples ont tous une chose en commun :

faire en sorte que les préoccupations et les attentes des producteurs soient entendues par les décideurs et se traduisent en réalisations concrètes.

L’Union entend bien poursuivre sur cette lancée cet automne dans une panoplie de dossiers déterminants pour le monde agricole québécois. Au cours des derniers mois, les échanges avec le nouveau gouvernement ont été multiples et positifs. C’est de bon augure et nous aurons besoin de son appui, au regard notamment du commerce international. La problématique entourant l’accord de libre-échange Canada-Europe demeure entière. Maintenant qu’un texte final a été annoncé il y a quelques semaines, les producteurs laitiers et fromagers s’attendent à des mesures concrètes concernant les compensations promises par le gouvernement fédéral. Les négociations entourant le futur Partenariat transpacifique sont aussi à surveiller. Ce projet d’entente implique 12 pays, incluant plusieurs pays d’Asie, dont le Japon, ainsi que les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Comme dans toute négociation portant notamment sur l’agriculture, les produits sous gestion de l’offre sont à risque.

Plus près de chez nous, l’Union attend encore la mise en place d’un groupe de travail sur la fiscalité pour faire le point sur les nombreuses modifications apportées en 2007 au régime fiscal local des entreprises agricoles.

Rappelons que seulement 13 municipalités appliquent un taux distinct pour les entreprises agricoles sur les 337 qui en ont la possibilité. Une partie de plus en plus importante du budget du MAPAQ est consacrée au Programme de crédit de taxes foncières agricoles , qui ne contribue pas directement au développement de l‘agriculture.

Le gouvernement du Québec devra aussi bouger dans le dossier de l’accaparement des terres agricoles. Si l’Union est consciente que le contexte n’est pas propice à la création de nouvelles institutions, il reste que ce phénomène continue de prendre de l’ampleur, comme en témoigne la récente acquisition de 2 000 acres par la société Investerre à Saint-Henri-de-Taillon. Nos consultations sur l’intégration et la contractualisation se poursuivront aussi cet automne en vue de trouver éventuellement des solutions pour faire face à ce phénomène grandissant. Donc, beaucoup de pain sur la planche!


Éditorial La Terre de chez nous

Semaine du 3 au 9 septembre 2014
Marcel Groleau, président général