La semaine dernière, à Québec, s’est tenu le Sommet international des coopératives. Cette deuxième édition a réuni près de 3 000 intervenants provenant d’environ 90 pays. Son objectif était de discuter de la place des coopératives et des mutuelles dans l’économie mondiale, des défis auxquels elles sont confrontées et de leur croissance future.

Les coopératives et les mutuelles occupent une place importante dans l’économie mondiale. Selon une étude de l’Organisation internationale des coopératives de production industrielle, d’artisanat et de services (CICOPA), elles fournissent du travail à 250 millions de personnes sur la planète, soit l’équivalent de 8,73 % des emplois. Environ 94 % de ceux-ci sont offerts dans les pays du G20, principalement en Chine, en Corée du Sud, en Inde, en Italie et en Turquie. À elle seule, la Chine compte plus de 160 millions de ces emplois.

Au Québec, le Mouvement Desjardins est le premier employeur privé. La Coop fédérée et Agropur font également partie des plus grands employeurs de la province.

Comme l’indiquait Monique F. Leroux, présidente du Mouvement Desjardins :

« Ce sont des emplois de qualité qui contribuent à la stabilité économique et à la prospérité durable des pays où les coopératives sont présentes ».

Durant les trois jours du Sommet, plusieurs forums et conférences ont été tenus. J’ai eu l’opportunité de présider le forum intitulé « Instabilité des marchés : les coopératives peuvent-elles faire une différence? ». J’ai donc dirigé les discussions d’un panel constitué de Denis Richard (La Coop fédérée), Kristin Ianssen (Coop Norges Bondelag, Norvège), Norman Messer (Fonds international de développement agricole), Pierre Pagesse (Momagri) et Robert Keating (La Financière agricole du Québec).

M. Pagesse a lancé la discussion en invoquant les raisons qui entraînent l’instabilité des prix. À titre d’exemple, en 2008, une baisse de moins de 1 % des réserves de blé était à l’origine de la flambée des prix du maïs et du riz. Selon le représentant de Momagri, il est nécessaire de mieux planifier la production des céréales si l’on veut limiter la volatilité des prix. D’après lui, les outils pour le faire existent.

Cette présentation a été suivie d’une discussion sur le rôle que pourraient jouer les coopératives. Tous les intervenants s’entendaient pour dire qu’elles n’ont pas la capacité d’influencer directement le marché et de limiter la volatilité des prix.

Elles ont toutefois la possibilité d’influencer les décideurs si elles se regroupent mondialement. M. Pagesse milite pour une forme de conseil mondial de la sécurité alimentaire, dont l’un des rôles consisterait à assurer une meilleure planification des ensemencements à l’échelle planétaire. Selon les participants, les coopératives pourraient certainement jouer un rôle déterminant en ce domaine.

Les premières coopératives sont nées au début du XIXe siècle en Europe et poursuivent leur essor depuis ce temps. Les humains ont toujours eu à collaborer pour assurer leur survie et pour satisfaire leurs besoins de base comme l’alimentation et le logement. Aujourd’hui, les coopératives, comme les syndicats d’ailleurs, se battent contre l’individualisme. Un sommet comme celui tenu à Québec permet de démontrer qu’il y a de grands avantages à s’unir pour se donner collectivement les différents services dont dépendent notre bien-être et le développement de nos sociétés.

Les coopératives sont dans tous les secteurs de l’économie, qu’il s’agisse de la finance, des assurances, des services de base ou des fournitures d’équipement. Elles ont la particularité d’être plus résilientes dans les marchés moins lucratifs et d’assurer une présence en région. L’atteinte de rendements financiers satisfaisants, dans un monde de plus en plus compétitif et ouvert, soulève toutefois un enjeu particulier. Pour concilier leurs missions sociale et économique, les coopératives doivent relever le défi de la compétitivité sur le marché ainsi que celui des communications avec leurs membres. Le Sommet international des coopératives est une façon de promouvoir le modèle coopératif. Il a été un grand succès et je suis fier d’y avoir participé.


Éditorial La Terre de chez nous

Semaine du 15 au 21 octobre 2014
Marcel Groleau, président général