La gestion de l’offre est le meilleur système pour les producteurs et l’État. Les 12 pays négociant actuellement le futur Partenariat transpacifique (PTP) poursuivent leurs discussions en vue de la ratification d’un accord. Ces pays forment un marché de 792 millions de personnes et affichent un PIB combiné de 28 100 G$.

Récemment, le président Obama s’est dit persuadé qu’une entente pourrait être conclue avant la fin de l’année. On pouvait aussi lire dans le communiqué en marge du sommet de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC) :

« Nous, dirigeants de l’Australie, du Brunei Darussalam, du Canada, du Chili, du Japon, de la Malaisie, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, du Pérou, de Singapour, des États-Unis et du Vietnam, sommes ravis des progrès considérables réalisés au cours des derniers mois, tels qu’ils nous ont été signalés par nos ministres. »

Le premier ministre Stephen Harper a profité d’ailleurs de sa présence en Asie pour effectuer une visite officielle en Nouvelle-Zélande, lors de laquelle il a été question du secteur laitier canadien.

« En ce qui concerne les dossiers sur lesquels nous avons des désaccords, c’est à peu près le seul »

a souligné le haut-commissaire de la Nouvelle-Zélande au Canada, Simon Tucker.

D’autres pays font pression sur le Canada pour qu’il cède du terrain, notamment les États-Unis.

De tous les régimes de gestion des risques en agriculture, et ce, à l’échelle mondiale, la gestion de l’offre est le plus efficace pour les producteurs et les transformateurs, et le moins coûteux pour les contribuables et l’État. Le plus efficace parce que les producteurs et les transformateurs vivent dans un environnement stable et prévisible. Les risques associés à la volatilité des prix et aux fluctuations des approvisionnements sont à peu près nuls et le système ne coûte rien au trésor public. Compte tenu de notre climat, toute déréglementation de la gestion de l’offre entraînera des pertes pour le Canada et ne fera qu’accroître notre déficit commercial.

L’étude d’ÉcoRessources est très éloquente sur le soutien au Québec. Grâce à la gestion de l’offre, les contribuables québécois sont peu sollicités en agriculture comparativement à ce que l’on observe ailleurs dans le monde. La gestion de l’offre bénéficie d’un soutien en raison des prix payés par les transformateurs aux producteurs. On pourrait croire que ce sont donc les consommateurs qui assument les coûts du système. Cependant, lorsque l’on compare les prix payés par les consommateurs de différents pays pour le lait, le poulet et les œufs, on se rend compte que la gestion de l’offre permet une meilleure répartition du dollar du consommateur dans la filière. Nos consommateurs et les contribuables en ressortent gagnants.

Alors oui, la gestion de l’offre est un excellent système qui ne coûte rien au trésor public, qui assure une stabilité dans les régions du Québec et qui permet à nos transformateurs, par les profits qu’ils en tirent, de prendre de l’expansion ailleurs dans le monde.

Le commerce international n’apporte pas que de bonnes choses. Le Canada doit se demander s’il ressort gagnant des ententes conclues ces dernières années. D’autant plus que sa balance commerciale s’est dégradée au fil des ans, et encore davantage si l’on retire de l’équation l’énergie et le pétrole. On ne doit pas tout sacrifier au nom du commerce et l’on doit, surtout, protéger ce qui fonctionne bien.

Le Québec et l’Ontario sont les deux provinces qui ont le plus à perdre. Il faut qu’elles envoient un message clair au premier ministre du Canada. On ne peut pas accepter, dans cette négociation, des concessions canadiennes supplémentaires entraînant de nouvelles pertes de marché. Je salue les messages des ministres de l’Agriculture du Québec et de l’Ontario, mais je demande au premier ministre du Québec de s’associer à la première ministre de l’Ontario et d’envoyer un message sans équivoque à M. Harper et à son équipe de négociateurs. Une rencontre en ce sens avec le premier ministre du Québec a été demandée par l’Union des producteurs agricoles et la Coalition GO5.

 


Éditorial La Terre de chez nous

Semaine du 26 novembre au 2 décembre 2014
Marcel Groleau, président général