L’année 2014 en a été une de transition à la suite du changement de gouvernement et de l’arrivée d’un nouveau ministre de l’Agriculture.

Le redressement des finances publiques a été la priorité de ce nouveau gouvernement. Le secteur agricole, à l’instar de plusieurs autres, a contribué à l’atteinte de cet objectif par des coupes substantielles dans les budgets du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) et de La Financière agricole du Québec (FADQ). Leur impact a été minimisé par les bons prix sur les marchés. Mais la commission Robillard, qui proposait d’abolir le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) et de réduire de moitié le budget de la FADQ, a inquiété plusieurs producteurs et intervenants. Les ministres Pierre Paradis et Martin Coîteux sont intervenus rapidement, comme il le fallait, pour rassurer les producteurs et leurs créanciers. Mais l’inquiétude demeure chez plusieurs.

Pour l’Union, la priorité numéro un sera donc de maintenir le budget de la FADQ à son niveau de quelque 600 M$ annuellement. Le groupe de travail UPA/FADQ/MAPAQ a remis son rapport au ministre Paradis en décembre dernier et ses recommandations reposent sur un tel maintien.

Les travaux du comité ont permis de cerner des enjeux de réinvestissement dans plusieurs secteurs de production et de développement pour les régions périphériques, les fermes de petite taille et la production biologique. Si l’on veut tracer la voie pour les quinze, vingt prochaines années et profiter des retombées majeures que le secteur peut engendrer pour l’économie du Québec, c’est maintenant qu’il faut donner le signal. L’année 2015 sera déterminante à ce chapitre.

Les sommes requises pour le programme de crédit de taxes foncières agricoles augmentent chaque année. Le Québec, contrairement à l’Ontario et la plupart des autres juridictions en Amérique du Nord, a choisi de procéder à un remboursement des taxes plutôt qu’à l’imposition d’un taux distinct ou l’adoption d’une méthodologie d’évaluation spécifique au secteur agricole. Toutes ces considérations doivent être prises en compte lorsqu’on analyse ce programme. L’Union ne manquera pas de le rappeler chaque fois que ce sera nécessaire : il en va du maintien de la compétitivité de nos entreprises.

En matière de protection du territoire et des activités agricoles, la zone verte est aussi menacée par le phénomène de financiarisation et d’accaparement des terres. Au cours des 5 dernières années, les superficies acquises par des investisseurs privés se chiffrent à 75 000 hectares. Les membres de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) ont décidé de se pencher sur cette question, qui prend des proportions alarmantes dans certaines régions québécoises.

Si l’on veut que les terres demeurent la propriété des agriculteurs et soient accessibles à la relève, c’est maintenant qu’il faut agir. L’Union, forte d’une proposition consensuelle émanant du Congrès général, fera les représentations qui s’imposent.

Le Partenariat transpacifique retiendra aussi l’attention de l’Union. Les 12 pays négociant ce futur traité de libre-échange poursuivent leurs discussions.

Le Canada ne peut pas répéter le scénario de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Europe en ce qui concerne la gestion de l’offre. Le contrôle des importations, composante essentielle de la gestion de l’offre, ne peut subir d’autres affaiblissements.

Et les producteurs laitiers et fromagers attendent toujours les compensations promises pour pallier les pertes que cet accord leur fera subir.

D’autres sujets nécessiteront des interventions. Un projet de loi est sur la table à dessin pour modifier le Code civil et conférer un nouveau statut aux animaux domestiques et d’élevage. La préoccupation des citoyens est légitime, mais il reste que les messages choquants de certaines organisations militantes ne reflètent pas la réalité dans nos fermes et cela doit être pris en considération.

Le travail et les défis ne manqueront pas en 2015. Chaque année nous réserve son lot de surprises, car les marchés sont imprévisibles et la météo peut toujours nous surprendre. Soyons optimistes et confiants. Cela ne réduit pas la tâche à accomplir, mais ça rend la vie plus agréable.


Éditorial La Terre de chez nous
Semaine du 21 au 27 janvier 2015
Marcel Groleau, président général